Nadia Al Chahed
30 Septembre 2016•Mise à jour: 01 Octobre 2016
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Près d’un millier de personnes se sont rassemblées, jeudi, devant les locaux du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme à Bujumbura, pour contester un récent rapport onusien accablant sur la situation au Burundi, a rapporté le correspondant de Anadolu.
Les contestataires ont observé un sit-in de plusieurs heures et exigé le retrait du rapport onusien jugé "faussé", selon des témoignages de manifestants recueillis par Anadolu.
Publié le 19 septembre dernier, le rapport onusien dénonce de "graves atteintes aux droits de l'homme" commises au Burundi et évoque un "risque de génocide" dans ce pays, tout en responsabilisant les autorités de cette situation dégradée.
Bujumbura avait officiellement rejeté, le 21 septembre, ce rapport arguant qu’il était « déconnecté de la réalité».
«Le rapport de ces experts ne reflète pas la réalité sur le terrain » et véhicule « des contre-vérités », avait déclaré le gouvernement burundais dans un document intitulé «Commentaires de la République du Burundi sur le rapport de l’enquête indépendante des Nations unies sur le Burundi, établi conformément à la résolution S-24/14 du conseil des droits de l’homme».
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, à un troisième mandat.
Obtenu en juillet 2015, ce mandat a été jugé contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
La crise a fait plus de 700 morts et poussé plus de 310 220 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), publié le 13 septembre 2016.