Nadia Chahed
13 Juillet 2017•Mise à jour: 14 Juillet 2017
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Sept partis politiques d’opposition ont été suspendus au Burundi, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans une ordonnance.
Les partis concernés par cette décision sont le Parti des travailleurs (PIT), Vert-Intwari, le Conseil des patriotes (CDP- dirigé par Anicet Niyonkuru, porte-parole de la Plateforme de l’opposition radicale Cnared (Conseil national pour le respect de l'Accord d'Arusha), la Nouvelle alliance pour la démocratie et le développement au Burundi (NADDEBU ), le Parti pour une société non-violente( SONOVI) , le Parti pour la Reconstruction de la Nation Burundaise dans le développement communautaire(RUSANGI) et le Parti pour la restauration de la monarchie et le dialogue (ABAHUZA), indique le document ministériel rendu public jeudi.
« Ces partis ne fonctionnent plus depuis un certain temps et ne transmettent pas de rapports financiers et annuels », précise dans le document signé par Pascal Barandagiye, ministre de l’Intérieur et de la formation patriotique.
Evoquant un contexte trouble où beaucoup de politiciens et des milliers de Burundais ont pris le chemin de l’exil, le ministre accuse ces partis de ne pas fournir la liste de leurs membres ni de leurs dirigeants depuis plus de trois ans tel qu’exigé par la loi portant organisation et fonctionnement des partis politiques.
Cette mesure survient deux mois après la suspension pour six mois, en avril 2017, des activités du parti Mouvement pour la solidarité et la démocratie (MSD) de l’opposant Alexis Sinduhije, actuellement en exil.
Aucune déclaration n'a encore été faite, jeudi à 12h30 Gmt, par les partis sanctionnés.
Depuis avril 2015, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire déclenchée au lendemain de l'annonce par Pierre Nkurunziza, sa candidature à un 3ème mandat présidentiel, jugé "inconstitutionnel" par l'opposition et la société civile.
Les violences consécutives à cette crise ont fait plus d'un millier de morts et poussé 423 mille personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), publié le 19 juin 2017.