Lassaad Ben Ahmed
07 Juin 2018•Mise à jour: 07 Juin 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a promulgué jeudi à Gitega (120 km de Bujumbura), la nouvelle constitution, adoptée par voie référendaire le 17 mai dernier, a-t-on appris de la présidence burundaise via son compte officiel twitter.
«L'histoire s'écrit au centre du pays, à Gitega. Le chef de l'Etat Pierre Nkurunziza vient d'apposer sa signature sur la nouvelle Constitution du Burundi», a annoncé la présidence jeudi.
Le président burundais a, ensuite, présenté la constitution promulguée à tout le peuple burundais lors des cérémonies organisées au chef-lieu de la commune de Bugendana, périphérie de Gitega.
Dans un discours circonstanciel relayé en direct par la radio d’Etat, Rtnb, Nkurunziza a félicité le peuple burundais pour avoir adopté cette constitution.
«Nous félicitons le peuple burundais pour avoir massivement voté pour cette constitution… C’est la première fois que des élections sont organisées sans l’appui de l’extérieur et cela devra continuer ainsi. La souveraineté du pays doit être toujours privilégiée», a-t-il souligné.
Alors que les prochaines élections sont attendues en 2020, Pierre Nkurunziza a fait taire les rumeurs sur des élections anticipées suite à la promulgation de cette nouvelle constitution.
«Cette constitution ne vient pas bousculer les institutions élus en 2015. Les institutions actuelles restent aux affaires jusqu’en 2020, date des prochaines élections», a-t-il ajouté.
Les cérémonies ont été rehaussées par la présence de plusieurs personnalités, à savoir, les membres du gouvernement, les membres du corps diplomatique et consulaire, les gouverneurs de provinces, les administrateurs communaux, les leaders des partis politiques, les représentants des confessions religieuses et de la société civile.
Le 17 mai dernier, près de 5 millions de Burundais se sont exprimés par voie référendaire sur un projet d'un nouveau texte constitutionnel.
Il a été adopté à plus de 73% des voix et la Cour constitutionnelle a validé les résultats de ce scrutin le 31 mai.
Contestée par l’opposition et la communauté internationale, la nouvelle Constitution apporte, deux changements majeurs : le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans et il est «renouvelable» et toute référence à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi est gommée.
Signé en août 2000 à Arusha au nord de la Tanzanie, cet accord avait pourtant mis fin à une décennie de guerre civile au Burundi, donnant naissance à une constitution en 2005. Cette constitution limitait les mandats présidentiels à deux, de 5 ans chacun.