Mohamed Hedi Abdellaoui
02 Juin 2016•Mise à jour: 03 Juin 2016
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a menacé d’anéantir les éléments qui perturbent la sécurité dans le sud du pays dans deux mois, s’ils ne déposent pas les armes dans un délai n’excédant pas 15 jours, ont rapporté jeudi des médias locaux.
En visite, mercredi, à Mugamba, commune sise dans le sud du pays à 80 km de la capitale Bujumbura, le chef de l’Etat burundais s’est ainsi adressé aux Burundais venus à sa rencontre : « Vous leur direz que j’étais ici, que je leur demande en père de la nation de rendre les armes et de quitter la forêt, nous les accueillerons a bras ouverts comme nous l’avons fait pour ceux de la mairie de Bujumbura qui sont entrain d’apprendre des métiers variés après s’être rendus.»
Mettant en garde les « récalcitrants », Nkurunzia a poursuivi : « Après ce délai (15 jours), je demande aux policiers et militaires de sévir contre les récalcitrants qui continueront a perturber la sécurité ici, la situation sera normalisée dans un délai de deux mois.»
Par la même occasion, il était revenu sur les élections de 2015, affirmant dans un message adressé à l'opposition : «Les élections de 2015 sont terminées, nous n’y reviendrons plus jamais, vous n’avez qu’a vous préparer pour celles de 2020 et pour celles qui suivront jusqu’a la fin des temps.»
Depuis le début de la crise il y a plus d’une année, c’est la première fois que Pierre Nkurunziza foule le sol de Mugamba, théâtre d’attaques armées récurrentes et de manifestations perpétuelles contre son troisième mandat. Mugamba est jugée comme le bastillon de la rébellion qui sape le pouvoir au Burundi depuis plusieurs mois. Autant que trois autres qui lui sont contigües, à savoir, Gisozi, Mukike et Mugongo-Manga.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile
et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait depuis un an plus de 700 morts et poussé 278 320 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, mai 2016).