Mohamed Hedi Abidellaoui
14 Mars 2017•Mise à jour: 14 Mars 2017
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
Le gouvernement burundais a reconnu la présence de l’épidémie de paludisme dans le pays, a-t-on appris, mardi, de source officielle.
«La malaria a atteint un stade épidémique au Burundi », a déclaré à Anadolu la ministre de la Santé publique et de la lutte contre le sida, Josiane Nijimbere.
« Depuis le premier janvier 2017, près de 800 personnes sont mortes à cause du paludisme et près de deux millions de personnes ont été
touchées par la maladie », a encore ajouté la ministre.
Ces chiffres, comparés à ceux de l’année dernière, témoignent d'une augmentation de 13 % des cas de paludisme. Et Bujumbura tend la main à la communauté internationale pour financer son plan de riposte.
«Nous avons besoin d'un montant de 31 millions de dollars pour financer notre plan de riposte», a précisé la ministre.
La malnutrition et les changements climatiques sont les causes principales de cette flambée du paludisme. En 2016, plus de 8 millions d'individus ont été atteints par le paludisme et 3 000 en sont morts.
La dernière déclaration officielle de l’épidémie de paludisme au Burundi date de 2002, au plus fort de la guerre civile qui opposait les rebelles du mouvement CNDD-FDD (Conseil national de défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie), devenu parti présidentiel.
Le Burundi traverse une crise politique et sécuritaire, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, pour un troisième mandat "anticonstitutionnel".
La réélection de Nkurunziza en juillet de la même année, "en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006", a déclenché des violences mortelles qui ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 386 000 personnes à fuir le pays, d'après un rapport de l’Office des Nations unies pour les réfugies(UNHCR), publié en février 2017.