Safwene Grira
13 Juin 2016•Mise à jour: 14 Juin 2016
AA/ Bujumbura/ Jean Bosco Nzosaba
La principale plateforme de l’opposition burundaise en exil a demandé à la communauté internationale de prendre des sanctions contre Bujumbura pour le contraindre au dialogue sur la crise qui mine le pays depuis plus d’une année.
Le Conseil National pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l'Etat de droit (CNARED) "demande a la communauté internationale, en général, et au Sommet des pays d’Afrique de l'Est, en particulier, de prendre les sanctions drastiques qui s'imposent pour arrêter cette dérive totalitaire de Bujumbura", lit-on dans un communiqué du CNARED dont Anadolu a eu copie lundi.
Cet appel intervient alors que le régime fait d'ores et déjà l'objet de différentes sanctions, les dernières en date, celles du Bureau de contrôle des avoirs étrangers du département du trésor américain, ayant visé, début juin, des personnalités proches du Président Pierre Nkurunziza.
Le CNARED réagissait aux propos de Philippe Nzobonariba, porte-parole du gouvernement burundais qui excluait, une fois de plus, toute éventualité pour le gouvernement, de dialoguer avec cette plateforme accusée de regrouper les putschistes de l'été 2015.
"Le gouvernement n’acceptera jamais de négocier avec le CNARED, nous pensons que le Médiateur l’a déjà compris", déclarait Nzobonariba dans le cadre d’une conférence publique tenue vendredi dernier dans la province de Rumonge, au sud du pays.
L’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, facilitateur dans la crise burundaise, a pourtant rencontré à Bruxelles, ce week-end, cette plateforme qui n’avait pas été associée en tant que telle au dernier épisode du dialogue inter-burundais organisé du 21 au 24 mai dernier a Arusha en Tanzanie.
Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, à un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, "en violation" de la Constitution. L'opposition, la société civile et une partie du propre camp du président reprochent également à ce nouveau mandat de violer l'accord d'Arusha qui avait mis fin à la guerre civile de 1993-2006.
Cette crise a fait depuis plus de 700 morts et poussé 280.180 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR, 6 juin 2016).