Esma Ben Said
17 Mars 2018•Mise à jour: 18 Mars 2018
AA/Bujumbura/Jean Bosco Nzosoba
La Ministre burundaise de la justice, Aimée Laurentine Kanyana a ordonné, vendredi soir, la libération de près de 450 personnes condamnées pour «participation au mouvement insurrectionnel de 2015» qui étaient détenus dans la prison de Mpimba en mairie de Bujumbura, a appris Anadolu d’une source auprès du Ministère.
Des jeunes manifestants présumés être des opposants politiques et accusés d’avoir pris part à l’insurrection ont retrouvé la liberté en même temps que 300 autres détenus pour d’autres délits.
«Tous ces prisonniers ont été libérés dans le cadre de l’exécution de la mesure de grâce présidentielle décrétée par le chef de l’Etat, Pierre Nkurunziza, fin 2017. Il s’agit d’une mesure qui va dans le sens de la réconciliation des Burundais et du renforcement de la paix sociale», a déclaré la Ministre lors d’un point de presse vendredi soir.
Depuis plus de deux ans, c’est pour la première fois qu’une grâce présidentielle touche des personnes accusées de participation au mouvement insurrectionnel de 2015.
Les ambassadeurs de France, du Mali et de l'Union Européenne ont assisté à leur remise en liberté massive.
Selon l’Association pour la protection des droits de l’homme et des personnes détenus plus de 3000 autres prisonniers politiques croupissent dans les différents cachots du Burundi.
Pour une population de près de 11 millions d’habitants, le Burundi compte plus de 10.000 prisonniers dont près de 6000 condamnés, selon l’ONG SOS-Torture/Burundi. Le taux d’occupation des centres de détention dépasse 250%.
Le Burundi a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire depuis que le président Pierre Nkurunziza avait annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat, jugé non constitutionnel par l'opposition, la société civile et de larges pans de son propre parti.
Un mandat qu'il a, quand même, obtenu en juillet de la même année au terme d'une élection boycottée par l'opposition. Les violences consécutives a cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus 427.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR) publié le 31 janvier 2018.