Mohamed Hedi Abdellaoui
04 Mai 2016•Mise à jour: 04 Mai 2016
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco/ Yvan Rukundo
Le Conseiller en communication du président Pierre Nkurunziza, Willy Nyamitwe, a affirmé que le gouvernement burundais "est fin prêt pour participer au dialogue inclusif", sous la médiation régionale.
Dans une déclaration faite, mardi, à la radio nationale du Burundi, RTNB, il a affirmé : «Nous attendons que le médiateur fixe un autre rendez-vous pour participer à ce dialogue. En attendant, le gouvernement poursuit le dialogue interne qu’il a déjà entamé avec tous les acteurs sociopolitiques.»
Il a, en outre, indiqué :« Nous avons appris, par un communiqué, que la médiation avait reporté le rendez-vous initial, sans doute pour mieux s’organiser davantage, ce qui est une bonne chose, maintenant, nous attendons une autre invitation. »
Il n'a toutefois pas précisé si le gouvernement a changé d'avis quant à son refus de négocier avec l’opposition radicale coalisée au sein du Cnared (Conseil National pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit).
Le 30 avril 2016, l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, nouveau médiateur dans la crise burundaise, avait annoncé, par un communiqué, le report, vers fin mai, de la reprise du dialogue inclusif qui prévu du 2 au 6 mai a Arusha en Tanzanie.
L'opposition radicale avait salué ce report, croyant pouvoir profiter de l’occasion pour convaincre la médiation afin qu’elle l’invite en tant que Cnared. Ce qui n’est toujours pas le cas pour l’agenda de la semaine en cours, auquel seuls les partis politiques agréés avaient été conviés.
Bujumbura n’avait pas fait de commentaires. Mais, elle n’a eu de cesse de rappeler à la médiation qu’elle n’entendait pas s’asseoir autour d’une même table avec le Cnared, une plateforme qu’elle considère comme « un creuset de putschistes et autres criminels ».
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet. Ce mandat viole la Constitution et l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile
et des pontes du camp de P.Nkurunziza.
Selon la police burundaise qui s’exprimait, mardi à Bujumbura, en conférence de presse, 374 civils et 77 policiers ont été tués au cours des douze derniers mois. Le dernier rapport du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) du 21 avril 2016, fait, néanmoins, état de plus de 700 morts et 273 927 réfugiés ayant quitté le pays.