Lassaad Ben Ahmed
04 Mars 2019•Mise à jour: 05 Mars 2019
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
L’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé, lundi, avoir pris la décision de fermer définitivement son bureau des droits de l’homme au Burundi.
"L’office du Haut-commissariat des Nations-Unies aux droits de l’Homme au Burundi a fermé définitivement ses portes le 28 février 2019", lit-on dans un communiqué de presse publié, lundi et dont Anadolu a reçu une copie.
Via ce communiqué, l’ONU affirme qu’au cours des vingt-trois ans de sa présence au Burundi, l’office du Haut-commissariat s’est illustré comme un des partenaires stratégiques de premier ordre, qui a accompagné l’Etat burundais dans la construction et le renforcement de l’architecture nationale de promotion et de protection des droits de l’homme dans les différents domaines.
Cet office a été établi au Burundi en 1995, dans le sillage des violations massives perpétrées au cours de la crise politique enclenchée à la suite de l’assassinat du président Melchior Ndadaye, le 21 octobre 1993.
Une mauvaise nouvelle pour les défenseurs des droits humains au Burundi.
Sake Mathieu, représentant de l'Association communautaire pour la protection et la promotion des droits de l'homme note que ce départ va impacter négativement sur leur travail.
"Nos associations bénéficiaient des soutiens financiers et techniques de la part de cet office", justifie-t-il, ajoutant que même les défenseurs des droits de l’Homme bénéficiaient des coachings de la part des experts onusiens via cet office.
Cette décision intervient après plus de deux ans de la suspension par Bujumbura de sa collaboration avec son bureau, l’accusant de “complicité” dans la rédaction des rapports onusiens imputant au pouvoir burundais des “violations graves” des droits de l’homme et mettant en garde contre de possibles “crimes contre l’humanité”.
Récemment, en décembre 2018, le gouvernement du Burundi avait demandé officiellement la fermeture de cet office. Une période de deux mois leur avait été donnée pour faire leurs valises, selon une correspondance remise à Garry Conille, coordonnateur résident du système des Nations Unies au Burundi.
Le Burundi est devenu, en octobre 2016, le premier pays à se retirer de la Cour pénale internationale – retrait devenu effectif un an plus tard -, après l’ouverture d’un examen préliminaire sur des accusations de meurtres, tortures et autres exactions commises au Burundi.
La CPI a, depuis, ouvert une enquête en octobre 2017 sur la situation au Burundi.
Depuis avril 2015, le Burundi, petit pays d’Afrique de l’Est, vit dans une crise politico-sécuritaire née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat.
Les violences consécutives aux contestations ont fait des milliers de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays selon l’ONU.