Lassaad Ben Ahmed
18 Mars 2019•Mise à jour: 18 Mars 2019
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
La Fédération nationale des associations engagées dans le domaine de l’Enfance (Fenadeb) a demandé, lundi, la libération des élèves de l’Ecole fondamentale Akamuri, à Kirundo, au nord du Burundi, accusés d’avoir gribouillé la photo du président Pierre Nkurunziza.
« Quand un enfant est à l’école, c’est le règlement qui le régit. En cas de méconduite, ce règlement précise des punitions à appliquer », a confié Ferdinand Simbaruhije, acteur de cette fédération, interrogé, lundi par Anadolu.
Pour lui, devant une telle situation, le recours à la justice ou à l’emprisonnement est injuste. Il se réjouit, néanmoins, de la libération de quatre des sept élèves présumés gribouilleurs.
«La faute qui leur est reprochée devrait être sanctionnée à l’interne et non par le code pénal », commente-t-il, déplorant que cela n’a pas été le cas.
Et de préciser que les trois élèves, encore sous les verrous, ont comparu devant la justice ce lundi.
« Nous attendons le verdict d’ici 48 heures. Et nous remercions toutes associations de défense des droits des enfants de nous avoir aidés pour engager des avocats à leur disposition », a-t-il ajouté.
Pour sa part, David Ninganza, secrétaire général de l’ONG Solidarité de la Jeunesse Chrétienne pour la Paix et l'Enfance au Burundi (Sojepae), qui milite aussi pour les droits des enfants, soutient aussi que ces enfants ne devraient pas être emprisonnés.
« L’urgence était de mener des enquêtes approfondies pour savoir pourquoi ces écoliers auraient agi de la sorte,» analyse-t-il, appelant à une coalition pour plaider en faveur de ces élèves.
Pour rappel, mardi dernier, sept élèves ont été accusés d’avoir chahuté la photo du président Nkurunziza, imprimée dans les manuels scolaires.
Ces élèves de l’Ecole Fondamentale d’AKamuri, commune de Kirundo, frontalière du Rwanda, au nord du pays, ont été arrêtés et emprisonnés. Un seul garçon de l’équipe a été libéré après quelques heures de son arrestation faute de majorité pénale (15 ans).
Par le passé, cette affaire gribouillis a fait des victimes. En 2016, en pleine crise née du 3ème mandat du président Nkurunziza, plus de 40 élèves dont l’âge est compris entre 15 et 18 ans ont subi le même sort, à Muramvya, au centre du pays.
Ils ont finalement été libérés, après des mois, grâce aux plaidoiries des associations des droits des enfants.