Lassaad Ben Ahmed
07 Novembre 2017•Mise à jour: 07 Novembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Washington a décidé de prolonger d’une année la situation «d’urgence nationale» au Burundi, a déclaré la Maison blanche dans un document signé Donald Trump et diffusé sur son site officiel.
«La situation au Burundi continue de constituer une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis», a indiqué, lundi, Donald Trump, président des Etats-unis.
«Pour cette raison, l'urgence nationale déclarée le 22 novembre 2015 pour faire face à cette menace doit demeurer en vigueur après le 22 novembre 2017», ajoute le même document.
«Je prolonge d’une année l’état d'urgence nationale décrétée dans le décret 13712», a ajouté Trump.
«Le 22 novembre 2015, par le décret exécutif 13712, le Président a déclaré une urgence nationale pour faire face à la menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis, par rapport à la situation sécuritaire au Burundi, marquée par des assassinats et d’autres cas de violences atroces contre les civils ; cette situation constitue une menace à la paix, à la sécurité et à la stabilité du Burundi et de la région», a encore rappelé le président américain.
A l’instar de l’Union européenne, Washington a également imposé en novembre 2015, des sanctions à l’encontre de quatre personnalités burundaises impliquées dans les violences qui secouent le pays.
Il s’agit de deux personnalités proches du président Pierre Nkurunziza, à savoir Alain Guillaume Bunyoni, ministre de la Sécurité publique et Godefroid Bizimana, Directeur général adjoint de la police burundaise.
Les deux autres personnalités ciblées par Washington sont les généraux Cyrille Ndayirukiye et Godefroid Niyombare, ex haut-gradés de l’armé ayant comploté contre Pierre Nkurunziza lors du putsch raté de mai 2015.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet de la même année, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30 octobre 2017.