Nadia Chahed
04 Septembre 2019•Mise à jour: 04 Septembre 2019
AA/Bujumbura/Jean Bosco
La Commission d’enquête de l’ONU sur les droits de l’homme au Burundi a déclaré dans un rapport publié mercredi, qu’un « climat de peur » règne dans le pays, «à moins d’un an des élections présidentielle, parlementaires et locales de 2020».
«Aujourd’hui au Burundi, il est extrêmement dangereux de s’exprimer de manière critique», a déclaré Doudou Diène, président de la commission.
«Des autorités locales et des Imbonerakure, les membres de la ligue des jeunes du CNDD-FDD (Conseil national pour la Défense de la Démocratie – Forces pour la Défense de la Démocratie, au pouvoir), intimident la population locale afin de la forcer à adhérer, soutenir ou contribuer au parti présidentiel», a-t-il encore déploré.
La Commission estime en outre que la situation actuelle au Burundi est caractérisée par un « calme qui repose sur la terreur, comme le démontre la persistance des crimes contre l’humanité et des violations graves des droits de l’homme documentés ».
Elle note, en outre que « le niveau de violence alarmant au Burundi est alimenté par une impunité généralisée ». « L’étouffement des voix critiques est ce qui permet au pays de présenter une illusion de calme », constate Lucy Asuagbor, membre de la commission.
Les autorités burundaises n’ont pas encore réagi à ce nouveau rapport accablant.
La commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’Homme au Burundi a été créée en septembre 2016 dans la perspective de mener des investigations spécifiques au Burundi.
Son mandat avait été renouvelé une première fois, fin 2017, pour une année et une deuxième fois fin 2018 pour une année également.
Bujumbura a toujours refusé de collaborer avec les enquêteurs de cette commission.
En octobre 2017, le gouvernement burundais s’est également désengagé de la Cour pénale internationale (CPI).
Bujumbura a, également, suspendu sa coopération avec le bureau local du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, l’accusant de "complicité" dans l’élaboration de rapports accablants sur le Burundi.
Les autorités burundaises s’attellent à la préparation des élections de 2020.
Le premier tour de la présidentielle, couplé aux élections législatives et communales, étant prévu le 20 mai prochain.
Depuis plus de quatre ans, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire émaillée de violences, déclenchée par la candidature controversée du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat.