Burundi : Des jeunes sont attirés par les groupes terroristes (Police)
La police n’a pas révélé l’identité de ces groupes ni le nombre des jeunes concernés
Lassaad Ben Ahmed
16 Octobre 2017•Mise à jour: 16 Octobre 2017
BurundiAA/Bujumbura/Jean Bosco
Des jeunes burundais cherchent à intégrer les groupes terroristes, a déclaré lundi à Bujumbura l'inspecteur général de la police burundaise, André Ndayambaje.
«Nous avons des informations précises selon lesquelles des jeunes burundais cherchent, aujourd’hui, à intégrer les groupes terroristes», a-t-il dit lors d'une conférence de presse sur la criminalité transnationale.
André Ndayambaje n’a pas précisé l’identité de ces groupes ni le nombre des jeunes concernés. «Nous ne pouvons pas donner davantage de détails, car la police poursuit ses enquêtes», a ajouté le responsable de la police.
La semaine dernière, la police burundaise a mené des opérations sur tout le territoire national et visait des crimes transnationaux, en l’occurrence «le terrorisme et les malfaiteurs en fuite».
C’est la première fois que la police burundaise reconnaît cet attrait des groupes terroristes sur des jeunes burundais.
En novembre 2016, plusieurs burundais avaient dénoncé un intérêt croissant de certains des leurs pour l’organisation terroriste Daesh.
Et depuis fin 2016, «une dizaine de jeunes sont déjà tombés dans l’escarcelle de l’hydre terroriste», avait affirmé sur les ondes de la radio burundaise (Rtnb), Cheik Sadiki Kajandi, président de la Communauté islamique du Burundi (COMIBU).
Tirant la sonnette d'alarme, Kajandi a souligné : «Nous avons des nouvelles de toutes les provinces du pays et de Bujumbura (capitale), il y a des gens qui ont commencé à approcher les jeunes pour les enrôler. Au moins 10 d’entre eux sont déjà partis en République démocratique du Congo pour être formés».
L'intérêt des groupes terroristes pour le Burundi serait motivé par la crise politique et sécuritaire dans laquelle a plongé le pays, depuis le dépôt de la candidature du président Pierre Nkurunziza en avril 2015 pour un troisième mandat qu'il a obtenu en juillet, en violation de la Constitution et de l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
Ces violences ont fait depuis un an plus d’un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR, octobre 2017).