Lassaad Ben Ahmed
09 Avril 2018•Mise à jour: 09 Avril 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
La campagne référendaire sur la modification de la Constitution au Burundi démarrera le 1er mai et le vote aura lieu le 17 du même mois, a déclaré lundi sur les ondes d’une radio indépendante, Isanganiro Prosper Ntahorwamiye, commissaire chargé de l’éducation civique et de la communication au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).
«Les partis politiques et les coalitions des indépendants, qui se sont faits inscrire à la Commission électorale nationale indépendante, pour participer au référendum constitutionnel sont invités à commencer la campagne pour le «oui» ou le «non» le 1er mai prochain», a-t-il souligné.
«Cette campagne référendaire s’étendra sur deux semaines», a-t-il ajouté.
Environ quatre millions de burundais devraient participer à ce référendum constitutionnel selon le décompte de la CENI qui, du 8 au 17 février dernier, a procédé à l’enregistrement des électeurs.
Bujumbura passe, ainsi, à la révision de la Constitution sans attendre les résultats du dialogue extérieur jugé plus indépendant et conduit par la Communauté est-africaine (CAE) sous l’égide du facilitateur Benjamin Mkapa.
Depuis quelques mois, l’opposition radicale dénonce un forcing du pouvoir, arguant que réviser la Constitution sans trouver une solution à la crise actuelle aggraverait la situation.
Pour rappel, la nouvelle constitution à soumettre au vote référendaire en mai prochain apporte deux changements majeurs: le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans et il est «renouvelable».
Toute référence à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi est gommée.
Signé en août 2000 à Arusha dans le nord de la Tanzanie, cet Accord avait, pourtant, mis fin à une décennie de guerre civile au Burundi. L’actuelle Constitution en est l’émanation. Elle limite à deux les mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.
Depuis fin avril 2015, le Burundi est secoué par une grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 31 mars 2018.