Esma Ben Said
25 Mai 2016•Mise à jour: 26 Mai 2016
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo/Jean Bosco Nzosoba
Deux personnes ont été tuées dans une attaque armée menée par des individus non identifiés, dans le centre du Burundi, a appris mercredi Anadolu de source locale et policière.
«Un officier de police judiciaire et un civil ont été tués mardi soir lors d’une attaque armée perpétrée dans un bar situé en commune de Ndava, province de Mwaro (80 km de Bujumbura vers le centre-est) », a indiqué à Anadolu le commissaire de police Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police.
«Grièvement blessées au cours de cette même attaque, trois autres personnes ont été évacuées vers l’hôpital le plus proche» a-t-il précisé.
«Cette attaque a eu lieu vers 20 heures (18 heures, GMT), les malfaiteurs non identifiés ont d’abord fait exploser une grenade puis ont fait usage de tirs à la kalachnikov, avant de prendre la fuite», a précisé à Anadolu Aloys Ndenzako, administrateur de la commune Ndava.
"Les victimes sont un officier de police judiciaire (OPJ) répondant au nom de Laurent Ndikuriyo et Zacharia Nzeyimana alias "Gikasi", un veilleur de la Permanence du parti Cndd-Fdd (parti au pouvoir)", a-t-il détaillé.
Cette attaque non revendiquée survient peu après la clôture mardi du dialogue inter-burundais d'Arusha en Tanzanie et la déclaration publiée le même jour, par le mouvement rebelle RED-TABARA (Résistance pour un état de droit-sauve) qui, déçu par le fait que la plateforme d’opposants en exil n’a pas été associée au dialogue, propose "un recours à la force."
"L’exclusion du Cnared-Gireteka, principal acteur politique de l’opposition burundaise conforte la position de Red-Tabara qui est convaincu que la voie des armes est la seule option qui viendra à bout de cette dictature de Bujumbura. Ce monologue d’Arusha n’a aucune force d’imposer un état de droit au Burundi", peut-on lire sur la déclaration.
Le facilitateur principal du dialogue Inter-burundais, l'ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, s'était félicité mardi des consultations "très fructueuses" qui se sont tenues, durant quatre jours, entre les parties prenantes de la crise burundaise, regrettant toutefois l'absence de certains acteurs et promettant de les rencontrer dans les semaines à venir.
Pour sa part, le CNARED a refusé de prendre part au dialogue, arguant de l'absence d'invitation officielle. La médiation est-africaine a toutefois invité quelques structures membres du CNARED, dont une partie a répondu à l'appel, malgré la position officielle de la plateforme.
Le Burundi a sombré, depuis plus d'un an, dans une grave crise politico-sécuritaire, née du refus d'une grande partie de la scène politique de la candidature jugée «anticonstitutionnelle» du président Pierre Nkurunziza.
Cette crise et les violences qu'elle a générées ont fait plus de 700 morts et poussé 273 927 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) daté du 21 avril 2016.