Nadia Al Chahed
12 Octobre 2015•Mise à jour: 13 Octobre 2015
AA/Bujumbura/Jean Bosco-Yvan Rukundo
130 personnes ont été assassinées durant les trois derniers mois au Burundi, a déclaré lundi le ministre burundais de la Sécurité publique, Alain Guillaume Bunyoni.
S’exprimant en conférence de presse, Guillaume Bunyoni, a déclaré que 130 assassinats, 53 cas de détention d’armes illégale, 48 tentatives d’assassinats et 28 incendies d’origine criminelle, ont été recensés par ses services durant les trois derniers mois, et a reconnu l’état de l'insécurité qui ne cesse de se manifester sous différentes formes, notamment, dans certains quartiers de la capitale Bujumbura.
« La criminalité est particulièrement intense dans certains quartiers de la mairie de Bujumbura » a, encore relevé le ministre appelant les populations de ces quartiers à se désolidariser des criminels.
S’exprimant au sujet des arrestations, le ministre a précisé que 3519 dossiers pénaux ont été établis par la police judiciaire et transmis aux différents parquets du Burundi.
« Ces dossiers ont été traités avec toute la diligence nécessaire », a-t-il ajouté précisant que 3188 personnes ont été appréhendées et mises en garde à vue par la police, sans donner plus de détails sur le sort de ces personnes ni sur les motifs de ces arrestations, qui touchent majoritairement, selon des organisations de défense des droits de l'homme, des opposants. En outre, l''opposition et le parti au pouvoir se jettent, mutuellement, la pierre quant à la responsabilité des assassinats ciblés.
Le responsable a, par ailleurs, affirmé que: "la situation sécuritaire est globalement bonne sur toute l’étendue du territoire burundais à l’exception de certains quartiers de la capitale où on observe encore et de façon sporadique, des actes criminels".
Cette déclaration a été faite alors qu’un nouveau cadavre a été retrouvé lundi matin à proximité du quartier Ngagara (commune Ntahangwa vers le nord de Bujumbura).
Cependant le bilan de la dégradation sécuritaire vécue par le Burundi depuis le mois d'avril, demeure difficile à établir, dans la mesure où les actes criminels, toujours imputés à des parties inconnues, gardent tout leur mystère et n'obéissent à aucun recencement exhaustif.
D'ailleurs le bilan officiel, présenté lundi est différent aussi bien de celui, livré fin septembre par le Haut-Commissariat des Droits de l’homme aux Nations Unies (qui fait état de134 meurtres à caractère politique au Burundi, depuis avril dernier),que de celui annoncé à la même période par la principale association de défense des droits de l’Homme, APRODH (ONG) qui parle de plus de 200 personnes tuées au Burundi depuis avril.
Le Burundi a plongé dans la violence depuis l'annonce, fin avril 2015, de la candidature du président Nkurunziza à un 3ème mandat qui, selon l'opposition, la société civile et une partie du propre camp du président, viole la Constitution et l'Accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile (1993-2006).