Esma Ben Said
27 Février 2018•Mise à jour: 27 Février 2018
AA/Tunis/Bouazza Ben Bouazza
Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed a exprimé le souhait de voir les investisseurs espagnols renforcer leur présence en Tunisie, en lançant de nouveaux projets, pour étoffer les 67 entreprises qui y sont déjà, installées.
S’adressant aux participants au Forum économique tuniso-espagnol organisé lundi en marge de la visite du premier ministre espagnol en Tunisie Mariano Rajoy, Chahed a invité les opérateurs économiques des deux pays à saisir les opportunités qui s’offrent en Tunisie dans plusieurs secteurs porteurs dont les industries manufacturières, l’agriculture, le transport, les énergies renouvelables et les technologies de la communication.
Chahed a rappelé, à cet égard, les grandes réformes engagées par son gouvernement pour améliorer le climat des affaires, évoquant, en l’occurrence, la nouvelle loi de l’investissement, la loi sur les avantages fiscaux, la nouvelle loi sur les PPP (partenariat public-privé) et la nouvelle loi bancaire.
Il a aussi évoqué les efforts déployés pour lutter contre la corruption et améliorer les conditions sécuritaires dans le pays, faisant savoir que la Tunisie a été choisie en 2017, par le groupe Banque Mondiale, parmi 3 autres pays, pour obtenir un certificat de reconnaissance des efforts déployés pour créer un climat propice aux investissements.
Le responsable tunisien a, dans ce contexte, considéré que la création de la Chambre tuniso-espagnole de commerce et d’industrie en avril 2017, est de nature à favoriser le renforcement des échanges commerciaux entre les deux pays qui ont atteint l’an dernier 1216 millions d’euros, faisant de l’Espagne le 4ème fournisseur et client de la Tunisie.
Il a, au passage, noté que le forum représentait pour la Tunisie une opportunité pour s’inspirer de l’expérience réussie par l’Espagne en matière de réformes structurelles.
A ce sujet, le chef du gouvernement espagnol a relevé que « l’économie tunisienne se trouve à un moment crucial », notant que « les réformes structurelles sont toujours difficiles et demandent du temps pour donner leurs premiers fruits ».
Il a néanmoins, salué « les décisions courageuses » prises par le gouvernement tunisien ces dernières années « qui inspirent la confiance », en réitérant l’engagement de l’Espagne à renforcer ses liens économiques avec la Tunisie, précisant que de nouvelles lignes de crédit seront ouvertes pour financer les PME tunisiennes.
Rajoy a rappelé que son pays a traversé une crise économique aigue qui s’est traduite par cinq ans de récession, une forte détérioration de la production et une perte de plus de trois millions d’emplois.
« Cette crise a contraint l’Espagne à mettre en place un plan rigoureux de réformes dans plusieurs domaines, permettant au pays d’inverser la tendance et de se mettre de nouveau sur l’orbite de la croissance, en réalisant en 2017 un taux de 3,1% et de créer 500 mille emplois par an depuis 2014 », a-t-il noté.