Mourad Belhaj
23 Juillet 2020•Mise à jour: 23 Juillet 2020
AA / Alger / Abderrazek Ben Abdallah
Le ministère algérien de la Défense a démenti, jeudi, la véracité de déclarations imputées au chef d’état-major de l’armée, Saïd Chengriha, dans lesquelles il aurait appelé à se préparer en vue d’une intervention militaire en Libye.
Dans un communiqué rendu public, jeudi, et dont Anadolu Agency a eu copie, le ministère algérien de la Défense a qualifié ces déclarations « d’informations mensongères » qui visent à servir des « agendas douteux ».
La Libye, qui partage de longues frontières terrestres avec l’Algérie, subit, depuis des années, un conflit armé, alimenté par des pays occidentaux et arabes qui soutiennent les milices du général putschiste Khalifa Haftar, disputent au gouvernement libyen, internationalement reconnu, la légalité et le pouvoir dans ce pays riche en pétrole.
« Certains comptes et pages sur les réseaux sociaux ont véhiculé des informations mensongères et infondées, qui imputent des déclarations à Monsieur le général-major, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, sur les derniers développements de la situation dans l’Etat de la Libye », lit-on dans le communiqué.
Les plateformes des réseaux sociaux en Algérie ont véhiculé, au cours des derniers jours, des informations imputées au chef d’état-major de l’armée, selon lesquelles il aurait appelé l’armée à se préparer à une intervention militaire en Libye, pour protéger la sécurité du pays.
Le ministère « réfute catégoriquement de pareilles rumeurs » et affirme que ces « manipulations visent à semer la confusion et à orienter l'opinion publique nationale à se ranger derrière des agendas douteux ».
« L’Algérie se tient à équidistance de l’ensemble des protagonistes du conflit libyen et appelle à l’organisation d’un dialogue inter-libyen qui aboutirait à une solution politique durable garantissant la stabilité et la prospérité au peuple libyen frère », poursuit le communiqué.
La position de l’Algérie face à cette crise, insiste le ministère, relève des « prérogatives du président de la République, commandant en chef des forces armées et ministre de la Défense nationale, unique autorité habilitée, constitutionnellement, à formuler les positions officielles de la République Algérienne Démocratique et Populaire, au sujet des questions régionales et internationales sensibles ».
Ce démenti catégorique algérien intervient alors que la Libye rejette les déclarations officielles égyptiennes quant à l’éventualité d’envoyer des unités de l’armée pour appuyer les milices de Haftar, sous prétexte de défendre la sécurité nationale (égyptienne) ».
Depuis la série de défaites essuyées par les milices de Haftar, les pressions internationales s’accentuent pour stopper les combats et relancer le processus politique.
*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou