Esma Ben Said
07 Septembre 2017•Mise à jour: 08 Septembre 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Le trafic de l'ivoire dans l’Afrique centrale s'est mondialisé à cause d’un renfort des réseaux criminels internationaux, notamment chinois, a annoncé le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport publié jeudi.
Un commerce "international sophistiqué" favorisé par un "haut niveau de corruption et une faible gouvernance" s’installe en Afrique centrale, a écrit WWF rapportant que les marchés domestiques ouverts d'ivoire disparaissent en raison des efforts d'application de la loi et de la concurrence avec les réseaux criminels "souterrains".
Le rapport révèle que "les réseaux criminels organisés, notamment de citoyens chinois, opéreraient dans la sous-région et deviendraient désormais des acteurs clés du commerce d'ivoire", poursuit le document de WWF.
La lutte contre le trafic d’ivoire en Afrique centrale est compromis par " la faible gouvernance, la corruption et l'évolution changeante du commerce" a détaillé WWF.
Pour lutter contre les organisations criminelles liées à la faune sauvage, l’auteur du rapport Sone Nkoke a suggéré que des actions "sur l'ensemble de la chaîne commerciale, dans les pays sources d'Afrique centrale (lutte contre le braconnage, les marchés noirs et la corruption, renforcement de la gouvernance...), aux niveaux régional et international.
Les mêmes actions devraient été prises dans le pays consommateurs en Asie pour réduire la demande. Premier consommateur mondial d’ivoire, la Chine a récemment annoncé la fin du commerce de l'ivoire d'ici fin 2017.
Stéphane Ringuet, coauteur du rapport a estimé qu'environ 20 000 éléphants meurent chaque année en raison "de leurs défenses en ivoire".
Entre 2007 et 2014, le nombre de pachydermes de savane a baissé de 30% au Monde et en Afrique en raison du braconnage, estimait un recensement de l'organisation "Great Elephant Census" fin août 2016.
Dans le nord de la Centrafrique, plus aucun éléphant n'a été observé, selon le dernier recensement de l'ONG "Widlife Conservation Society" (WCS) révélé début juillet, alors qu’au Gabon, les populations d'éléphants de forêt du parc de Minkébé dans le nord-est, à la frontière avec le Congo et le Cameroun, ont chuté de près de 80% en
une décennie, selon une récente étude de l'Université de Duke en Caroline du Nord.
En RDC, plus grand pays de la sous-région, plus de 90 000 éléphants ont été tués entre 1980 et 2017, affirmait le Fonds mondial pour la nature (WWF) en Aout dernier.
Actuellement la RDC ne compte que 6 à 10 000 éléphants, indiquait à Anadolu, Alfred Yoko chargé de programme de WWF en RDC.