Mohamed Hedi Abidellaoui
02 Juin 2017•Mise à jour: 02 Juin 2017
AA/ Bujulbura/ Nzosaba Jean Bosco
La situation des droits de l’Homme s’est dégradée au Burundi au cours du mois de mai, indique la Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka (dignité en langue Kirundi) dans son rapport mensuel consulté, vendredi, par Anadolu.
«Au cours de ce mois de mai, la Ligue des droits de l’Homme Iteka (dignité en langue kirundi, Ndlr) a recensé plus de trente-six personnes tuées, huit blessées et 148 autres personnes arrêtées», précise Jean Baptiste Nsabimana, Secrétaire exécutif de cette ONG.
«La ligue a également relevés l’existence de 11 cadavres retrouvés dans la nature, certains corps présentaient des signes de violences, a cela s’ajoutent 4 cas d’enlèvements et 30 cas de torture».
Les anciens militaires aujourd’hui démobilisés sont particulièrement dans le viseur. «La Ligue attire l’attention de l’opinion sur un recensement des anciens militaires qui est en cours en province de Rumonge (70 km de Bujumbura, au sud du Burundi, Ndlr) et qui ne concerne pas les anciens combattants du mouvement Cndd-Fdd (devenu parti présidentiel depuis 2005, ndlr) », déclare le Secrétaire exécutif de la Ligue.
La Ligue Iteka s’inquiète aussi de «la recrudescence des entrainements paramilitaires faits par les jeunes Imbonerakure » (ligue des jeunes du parti au pouvoir) dans plusieurs coins du pays.
Après des mois de relative accalmie, les Burundais sont de nouveau en proie à la psychose d’une imminente attaque rebelle. A Bujumbura, l’armée et la police quadrillent de nouveau les quartiers dits bastion de l’opposition dans le nord (Ngagara, Cibitoke et Mutakura) et dans le sud (Musaga, Kinanira, Kanyosha). Des attaques à la grenade ont repris ces derniers jours. Les fouilles-perquisitions se font au quotidien dans
les ménages.
Pour « rassurer » le pays, le président Pierre Nkurunziza multiplient les réunions de sécurité dans les communes. Ce vendredi, il a réuni, a huis-clos, les leaders de l’administration, de la police et de l’armée en commune Muhanga de la province Kayanza a 120 km de Bujumbura vers le nord du pays.
Depuis près de deux ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire inhérente à la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat jugé « illégal » par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives a cette crise ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les refugiés (UNHCR), publié jeudi.