Nadia Chahed
15 Septembre 2018•Mise à jour: 15 Septembre 2018
AA / Pascal Mulegwa
L'opposante rwandaise, Victoire Ingabire, a été libérée samedi, dans le cadre d'une amnistie présidentielle qui a concerné 2140 détenus au total, ont rapporté des médias locaux.
Relayant l'information le quotidien rwandais "New Times" (privé) a évoqué une libération "inattendue pour soigner l'image du pays".
S'exprimant dans une déclaration à la presse à sa sortie de prison, Ingabire a remercié le président Paul Kagame et l'a appelé à "libérer d'autres prisonniers politiques".
Elle a, en outre, souhaité que cette décision "marque le début de l'ouverture de l'espace politique au Rwanda".
Surnommée par ses partisans "la Aung San Suu Kyi" rwandaise, Ingabire, présidente du parti d'opposition, avait été arrêtée en 2010 et condamnée en 2013 pour "conspiration contre les autorités par le terrorisme et la guerre, minimisation du génocide de 1994 et propagation de rumeurs dans l’intention d’inciter à la violence".
La libération anticipée de 2140 détenus rwandais a été décidée, vendredi, lors d’un conseil ministériel présidé par Paul Kagame.
Outre Ingabire, cette grâce présidentielle a bénéficié au chanteur Kizito Mihigo, qui avait contribué à la composition du nouvel hymne national, en 2001, et longtemps été considéré comme un proche du régime.
En 2015, Il avait été condamné à 10 ans de prison après avoir sorti une chanson hostile aux dirigeants, il avait été condamné pour "conspiration contre le Gouvernement".
La télévision d'Etat rwandaise a affirmé samedi que L'opposante Ingabire et le chanteur Kizito avaient sollicité en juin dernier, une mesure de clémence.
Ces libérations interviennent en plein troisième mandat du président Paul Kagame, auteur selon des observateurs et les partenaires étrangers du développement sans précédent enregistré par le Rwanda durant les dernières années.
L'homme fort de Kigali est cependant accusé par nombre d'ONG et de défenseurs des droits de l'Homme de "bafouer la liberté d'expression et de museler l’opposition".
Cette décision de grâce intervient à quelques semaines de la tenue de l'élection à la tête de l'Organisation Internationale de la Francophonie ( OIF), à laquelle Louise Mushikiwabo, la ministre rwandaise des Affaires étrangères est candidate.