Nadia Chahed
25 Octobre 2017•Mise à jour: 26 Octobre 2017
AA/Bangui/Sylvestre Krock
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a appelé, mercredi, à Bangui, la Communauté internationale à une "solidarité active" pour faire sortir la République centrafricaine du chaos et des violences.
Guterres s'exprimait en conférence de presse conjointe animée avec le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra à l'issue d'un entretien à huis-clos au palais de la présidence à Bangui.
Le Secrétaire général de l'ONU était arrivé mardi après-midi à Bangui, pour sa première visite d'une opération de maintien de la paix depuis sa prise de fonctions en janvier.
"Il nous faut l’engagement de la communauté internationale non seulement pour réduire ces souffrances, mais parce qu’il y a une opportunité de construire une Centrafrique nouvelle en paix et en sécurité", a souligné le chef de l'ONU.
Il a, en outre, exhorté la Communauté internationale à faire preuve d'une "solidarité active", qui permettrait, notamment de renforcer les capacités de la Mission onusienne en RCA (Minusca) et des Forces armées centrafricaines, afin de jouer un rôle positif pour la stabilité du pays.
"Que cette solidarité internationale puisse permettre à la Centrafrique de s’engager dans un processus de développement au bénéficie de tout son peuple", a ajouté Guterres.
"Nous avons naturellement beaucoup de difficultés à surmonter, mais on travaille ensemble. Je suis optimiste, c’est aujourd’hui le moment pour la Communauté internationale de s’engager parce que ça vaut la peine", a-t-il souligné, relevant que la RCA dispose de nombre d'atouts à même de la faire sortir du gouffre.
"Il y a en Centrafrique des institutions démocratiques légitimes élues par le peuple. Il y a également une volonté d’ouverture politique très bien traduite dans l’élargissement de son gouvernement et un dialogue politique y compris avec les mouvements armés", a-t-il précisé.
Toutefois, ces atouts ne sauraient être capitalisés sans un certain nombre d’actions, a estimé Guterres, citant, entre autres, conditions, "le renforcercement de la dimension et des capacités de la Minusca pour mieux protéger le peuple centrafricain et la consécration des conditions nécessaires pour que les Forces armées centrafricaines puissent jouer un rôle effectif dans la protection et la sécurité du pays".
Touadéra a pour sa part indiqué s'être entrenu avec Guterres des problèmes effectifs dans le pays.
"J’ai évoqué avec le Secrétaire général de l'ONU la situation actuelle de la République centrafricaine et surtout notre volonté d’aller de l’avant. Je n’ai pas manqué de demander à nouveau le soutien de l’ONU et de toute la communauté internationale. Je suis satisfait de la réponse d'Antonio Guterres qui m’a assuré de son soutien et de celui des Nations unies", a-t-il affirmé.
Selon son pogramme de visite, Guterres devra se rendre mercredi dans l'après midi à Bangassou (Sud) où il rencontrera les responsables locaux, des déplacés internes ainsi que les membres de la Coordination des acteurs de la cohésion sociale. Il s’entretiendra également avec le personnel civil et en uniforme de la Minusca.
Le jeudi 26 octobre, le Secrétaire général prendra part aux côtés du chef de l’Etat, à la Présidence, à une réunion sur le processus de Désarmement-Démobilisation-Réintégration (DDR), avant de se rendre ensemble au Monument des Martyrs pour rendre hommage aux victimes centrafricaines, poursuit la Minusca.
Ensuite, le Secrétaire général recevra au siège de la Minusca les représentants de partis politiques, de la société civile, des responsables religieux et des défenseurs des droits de l’Homme ainsi que l’Union africaine (UA) et la Mission technique de l'Union européenne (EUTM).
Le 27 octobre, dernier jour de sa visite de quatre jours, Guterres prononcera un discours à l’Assemblée nationale, avant de visiter le PK5 ( quartier majoritairement muslman de Bangui - ndlr) et de s’entretenir avec des représentants d’associations de femmes et de jeunes. Dans l’après-midi, le Secrétaire général répondra aux questions de la presse à l’aéroport de Bangui-Mpoko avant de quitter la RCA.