Zuhal Demirci,Ayvaz Çolakoğlu
03 Août 2017•Mise à jour: 04 Août 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Structurellement parlant, la question de l'union douanière n'est pas une demande unilatérale de la Turquie. Utiliser la mise à jour de l'union douanière comme une cause politique est contraire à l'intérêt de l'UE", a dénoncé mercredi le ministre turc des Affaires de l'Union Européenne, Omer Celik.
Celik qui commentait les renégociations de l'union douanière entre la Turquie et l'Union Européenne (UE), a abordé divers sujets d'actualités au cours d'une émission télévisuelle retransmise en direct sur la chaîne publique TRT.
Le ministre turc est notamment revenu sur les dégradations des relations entre l'Allemagne et la Turquie de ces derniers jours, et la volonté affichée par les autorités allemandes de faire bloquer le processus de renégociation de l'union douanière et geler les aides de pré-adhésions allouées à la Turquie par l'UE.
"Les deux pays sont des alliés importants et nous ne souhaitons pas la dégradation de nos relations", a-t-il dit.
D'après Celik, les relations "se trouvent actuellement dans un cercle vicieux" à cause du soutien apporté au PKK et la "protection active" accordée aux membres en cavales de l'organisation terroriste FETO (responsable du putsch manqué du 15 juillet 2016 en Turquie) par l'Allemagne, malgré les nombreuses protestations de la Turquie.
"La politique intérieure de l'Allemagne est prise en otage par les courants anti-Islam et anti-immigrés" a relevé le ministre, ajoutant que la Turquie se trouve au coeur de ce climat de rejet.
Celik a démenti les accusations faites au sujet des citoyens allemands interpellés en Turquie, précisant toutefois que si une personne appartenant à une association quelconque collabore ou coopère avec les organisations terroristes FETO, PKK ou autres reconnues comme telles, le nécessaire serait évidemment fait.
"Structurellement parlant, la question de l'union douanière n'est pas une demande unilatérale de la Turquie. Utiliser la mise à jour de l'union douanière comme une cause politique est contraire à l'intérêt de l'UE", a lancé Celik en référence à un discours de rejet de la Turquie qui prend de l'ampleur en Europe.
"Nous sommes un puissant pays européen" a t-il déclaré avant d'affirmer que l'avenir et les intérêts de l'UE et de la Turquie convergent dans le même sens et qu'une UE en crise de confiance est de nature à nuire aux intérêts de la Turquie.
Rappelant les prétextes avancés par l'UE, comme "la situation n'est pas propice", pour éviter de nouveaux chapitres, Celik a souhaité qu'un moyen soit trouvé pour poursuivre le dialogue sur les sujets qui divisent.
"L'adhésion à l'UE est toujours un objectif stratégique prioritaire pour la Turquie" a t-il conclu.