AA - Malabo - Bilal Muftuoglu
''Nous n'attendons pas spécifiquement l'aide de la Turquie contre Ebola, sa contribution en matière de technologie et d'investissement est plus importante'', a annoncé Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la commission de l'Union africaine.
S'exprimant, vendredi, lors de la réunion des chefs d'Etat du deuxième sommet de partenariat Turquie-Afrique, qui se déroule à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, Zuma a invité les chefs d'Etat des pays participants au sommet à déployer davantage d'efforts pour aider les pays touchés par l'épidémie Ebola.
''Nous nous sentons très isolés'', a déploré la présidente de la commission, insistant sur le fait que l'Afrique souhaite la reprise des vols desservant l'Ouest du continent et le retour des navires vers les ports de la région.
Dans le cadre de la lutte contre Ebola et le partenariat turco-africain, les parties devront investir en priorité dans les ressources humaines et la santé, a noté Zuma, ajoutant que l'établissement d'un système de santé publique efficace est nécessaire pour éradiquer l'épidémie.
Interrogé sur l'importance qui devrait être accordée à Ebola par rapport à d'autres maladies qui sévissent en Afrique et causent également des dégâts, dont le paludisme, Zuma a souligné qu'''il est juste de s'attaquer à Ebola car le virus continue à se propager'' tout en ajoutant qu'il ne faut pas oublier de se concentrer sur d'autres maladies.
''Ebola n'est pas un problème africain, c'est un problème global'', a-t-elle ajouté.
Zuma a aussi fait savoir que mille agents de la santé seront déployés depuis le Nigéria et la République démocratique du Congo en vue de soutenir les efforts internationaux dans la lutte contre Ebola en Afrique de l'Ouest.
La Turquie pourrait participer à des campagnes en utilisant les nouvelles technologies de l'information et de la communication, comme celle lancée par le gouvernement sénégalais en septembre 2014, pour renforcer sa participation à la lutte contre l'épidémie, selon Zuma.
D'autre part, la présidente sud-africaine a fait part des besoins en infrastructure du continent, dont des autoroutes, voies ferroviaires et aérodromes, pour montrer la direction dans laquelle peut avancer le partenariat turco-africain.
Zuma a, par ailleurs, noté que, lorsque les pays africains développent des partenariats, comme celui avec la Turquie, les priorités devront être déterminées à l'échelle continentale.
''Le sommet devra être l'occasion de réfléchir sur notre partenariat, surtout en terme d'objectifs de développement'', a-t-elle insisté.
Zuma a invité les parties à ne pas stigmatiser les pays et peuples touchés par Ebola et surtout les agents de la santé en mission pour endiguer la maladie, affirmant que ''si on les stigmatise le reste de l'Afrique sera aussi stigmatisé''.