Hatice Özdemir,Zehra Aydın,Tuncay Çakmak
30 Mars 2016•Mise à jour: 31 Mars 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, a dénoncé la censure pratiquée par le réseau social Twitter qui a supprimé le hashtag #WeLoveErdogan.
Akdogan, qui était l’invité, mercredi, de la chaîne turque 24TV, a répondu aux questions liées à l’actualité en Turquie et dans le monde.
Akdogan a commencé par critiquer sévèrement la suppression par Twitter du dit hashtag qui avait reçu un franc succès ces derniers jours.
«C’est un comportement double, un double visage. Il est temps qu’ils [Twitter] mettent fin à cette fausse attitude démocratique. Quand des insultes sont partagées depuis de faux comptes, ils ne font rien, mais quand il s’agit de l’expression de l’amour et de la sympathie envers notre Président, ils interviennent. Il n’y a pas d’explication acceptable», s'est-il indigné
Pour le vice-Premier ministre, il s’agit clairement d'une censure pratiquée par le réseau social.
«Certains ne supportent pas que Recep Tayyip Erdogan soit un acteur majeur de la scène internationale», a-t-il affirmé.
«Quand des messages du type Erdogan assassin sont partagés, ils ne font rien, mais dans le cas présent, ils bloquent. Pourquoi ne supportent-ils pas l’amour pour Erdogan ?», a-t-il lancé.
Une étiquette (hashtag) #WeLoveErdogan avait été lancée dès le départ du Président turc pour une visite officielle aux Etats-Unis.
Très vite elle a reçu un vif succès sur le réseau social arrivant au «trend topic» (liste des partages les plus nombreux).
L’étiquette était en première place des partages en Turquie, et 3ème au niveau mondial, avant d’être supprimé par Twitter, sans qu’aucune raison ne soit invoquée.
Le vice-Premier ministre est, par ailleurs, revenu sur la lutte contre le terrorisme et le manque de sincérité des pays européens à l'égard de cette question.
«Daech ou al Qaida peuvent-elles installer des tentes à Bruxelles, peuvent-elles y avoir des activités financières, associatives ou de publication», s’est-il interrogé, expliquant: «Pour les européens, tant qu’un groupe terroriste ne les vise pas, ils ne le voient pas comme un groupe terroriste [allusion faite au PKK et au DHKP-C, d’extrême gauche, ndlr].»
Akdogan a rappelé la nécessité pour la communauté internationale de combattre ensemble toute forme de terrorisme, précisant que la Turquie ne fait aucune distinction entre Daech, al Qaida, PKK, YPG ou DHKP-C.
Akdogan a dénoncé aussi le fait que Fehriye Erdal, accusée du meurtre de l’homme d’affaires turc Sabanci et membre de l’organisation terroriste DHKP-C, puisse se promener librement en toute impunité en Belgique.
«Quand ils [les autorités belges] sont touchés par une attaque terroriste, ils savent élever la voix. Il n’est pas acceptable qu’ils n’agissent pas contre les organisations terroristes reconnues comme telles, tant qu’elles ne les visent pas. S’il n’y a pas de réelle coopération et une vraie solidarité internationale, nous n’obtiendrons pas de résultats contre le terrorisme», a-t-il dit.
Akdogan a également critiqué l’ingérence des diplomates et politiques européens dans le procès des journalistes Can Dundar et erdem Gul, accusés en Turquie de trahison et d’espionnage.
«Quand on leur parle des activités du PKK, ils nous parlent d’Etat de droit et de justice. La Turquie aussi est un Etat de droit. Ils n’ont pas à intervenir dans la justice turque», a-t-il rappelé.
Yalcin Akdogan est ensuite revenu sur la lutte contre l’organisation étatique parallèle et la question de l’adoption d’une nouvelle constitution, rappelant la détermination du gouvernement quant à ces deux questions.