AA/Ankara/ Hüseyin Gazi Kaykı
La Turquie a renforcé ses mesures de sécurité à l'effet de réduire le transit des combattants étrangers en direction de la Syrie et de l'Irak.
Les forces de sécurité ont interrogé environ 4.500 suspects dans les «centres d'analyse des risques » et ont interdit à mille d'entre eux d'entrer dans le pays. Seize mille individus originaires de 108 pays figurent sur la liste des personnes interdites d’entrer en Turquie.
Selon des responsables de l’Instance de coordination diplomatique, relevant du Premier ministre turc, des «centres d'analyse des risques» ont été établis dans les aéroports et les gares routières de tout le pays, en collaboration avec les services de renseignement, et les unités antiterroristes et de lutte contre la contrebande.
Dans ce contexte, les forces de sécurité ont interrogé, dans ces centres, plus de 4.500 étrangers, et ont interdit l'entrée d'environ mille d'entre eux. De leur côté, les autorités turques ont expulsé plus de 300 personnes. À partir de 2011, les autorités compétentes ont interdit d’entrée 16 mille personnes issus de 108 pays, sur la base d’une liste établie par les forces de sécurité turques.
Des responsables de l’instance de coordination ont affirmé qu’interdire aux combattants étrangers de quitter leur pays est plus facile que de les arrêter après leur arrivée en Turquie. Les mêmes sources ont relevé que la plupart des Etats exportateurs de combattants ne respectent pas leurs engagements, et préfèrent faire endosser la responsabilité à la Turquie.
Les responsables estiment le nombre de combattants étrangers dans les rangs de l’EIIL en Irak et en Syrie à environ 24 mille. Quant au nombre total des combattants de l’organisation, il est officiellement estimé entre 40 et 70 mille.
En comptabilisant le nombre total des Turcs enrôlés dans les rangs de l’EIIL, ceux qui ont quitté l’organisation, et ceux qui sont morts en combattant dans ses rangs, on parvient à un nombre oscillant entre 1000 et 1300 combattants. La Turquie ne figure donc pas dans les dix premiers pays exportateurs de combattants au bénéfice de l’EIIL.
De leur côté, les forces armées turques ont renforcé les mesures sécuritaires aux frontières avec la Syrie et l'Irak afin d'empêcher le passage de combattants étrangers. Une tranchée d'une longueur de 365 km a été creusée, des barrages de terre de 70 km de longueur ont été mis en place, ainsi qu’un mur de béton de 7 km. La barrière de barbelés de145 km a été par ailleurs renouvelée et prolongée d’une barrière supplémentaire de 90 km.
Dans le même contexte, le vice-Premier ministre turc Bulent Arinc, avait déclaré, mercredi dernier, que le Conseil des ministres avait examiné la création d'un système de sécurité intégré pour protéger la frontière avec la Syrie.
Arinc a déclaré que le système de sécurité est destiné à empêcher l'infiltration d'éléments de l’EIIL, et de renforcer les mesures de sécurité à la frontière, le long des zones sous le contrôle de l’EIIL en territoire, sans que cela n’affecte les mouvements de passage pour des raisons humanitaires, par ces frontières.