Meltem Öztürk,Melda Çetiner Karagöz,Alp Özden,Ayşe Betül Gedikoğlu
03 Octobre 2016•Mise à jour: 04 Octobre 2016
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Les récentes déclarations de Selahattin Demirtas, co-président du Parti Démocratique des Peuples (HDP, opposition), ont suscité de vives réactions auprès des politiques.
Récemment, Demirtas avait dit remarquer "une volonté d'interpeller les députés de son parti."
"Si cela aboutit, le peuple doit descendre dans la rue, sans attendre aucun ordre, ni appel, et résister jusqu'au bout", avait-t-il ajouté.
Ces affirmations ont rappelé les événements des 6 et 7 octobre 2014, qui avaient coûté la vie à plus de 50 personnes en Turquie, après des appels lancés par le HDP à protester contre les attaques lancées contre Kobané, en Syrie.
Le vice-président du groupe parlementaire du Parti Républicain du Peuple (CHP, opposition), Ozgur Ozel, a affirmé que "ces appels sont insensés tant que les canaux politiques sont toujours ouverts".
"Ceci ne fera qu'accroître la tension et approfondir les divergences", a-t-il encore précisé.
"D’un point de vue politique, nous estimons que la question de l’interpellation des députés est totalement incorrecte. Par conséquent, appeler à descendre dans la rue alors qu'il n'y a rien dans les faits, est très dangereux. Ceci est vrai, surtout, dans le contexte sensible dans lequel nous nous trouvons", a-t-il ajouté.
En référence aux évènements d'octobre 2014, Ozel a dit : "La dernière confrontation entre le Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti, au pouvoir) et le HDP concernant les manifestations dans les rues avaient conduit à la mort de nombreux citoyens. C'est en ce sens que les deux côtés doivent agir de manière responsable".
Pour sa part, le vice-président du groupe parlementaire de l'AK Parti, Bulent Turan, a affirmé que le parti politique qui souhaitait le plus la levée des immunités parlementaires était le HDP.
Turan a affirmé que chacun doit agir de manière à aider la justice à s'établir.
"S'il est question d'un crime en lien avec le terrorisme et qu'il y a des raisons valables pour l'interpellation, alors la justice ne peut se permettre d'éluder cela et doit faire le nécessaire".
"Aucun privilège juridique ne sera accordé à quiconque. Le HDP n'a pas su remplir sa fonction de parti politique civil. Il a préféré être le porte-parole du terrorisme", a-t-il dit.
Enfin, le vice-président du groupe parlementaire du Parti d'Action Nationaliste (MHP, opposition), Erkan Akcay a dit : "Il s'agit d'une déclaration provocatrice. C'est un appel rappelant les évènements d'octobre 2014".
"Cette mentalité illustre celle de ceux qui ont mené la tentative de coup d'Etat du 15 juillet",a-t-il conclu.