AA - Diyarbakir
Le développement économique qu'a connu la région du Sud-est en Turquie, grace au processus de résolution, a subi un grand ralentissement à cause la multiplication des actes terroristes du PKK.
Alors que les investisseurs se bousculaient pour développer des projets dans la région, que les zones économiques et industrielles étaient occupées à 100% par des entreprises, et que de nouvelles zones et projets étaient en cours, les attaques du PKK ont quasiment fait stopper toute activité économique.
Les entrepreneurs et hommes d’affaires s’inquiètent de ne pas pouvoir atteindre leurs objectifs dans ce contexte menaçant.
Le Président de l’Union des Exportateurs du Sud-est (GAIB), Abdulkadir Cikmaz, a déclaré au correspondant de l’Agence Anadolu, que la multiplication des attaques du PKK influence très négativement l’activité économique dans la région.
«Depuis de nombreuses années, les entrepreneurs n’investissaient pas, malgré les avantages offerts par l’Etat, a-t-il indiqué. Le processus de résolution avait permis de dynamiser l’économie, mais la reprise des attaques terroristes touche les investissements et les exportations.»
Selon Cikmaz, les agissement du PKK desservent avant tout les habitants de la région, ce qui provoque une certaine colère.
«Le processus de résolution avait mis fin à la fuite des capitaux vers l’Ouest, a-t-il poursuivi. Le tourisme se développait et les investisseurs étaient moins frileux. Tout le monde a vu comment la région pouvait prospérer si la paix était assurée.»
Pour sa part, le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Diyarbakir (Sud-est), Ahmet Sayar, a estimé que les objectifs d’exportations ne seront pas atteints à cause des attaques terroristes menées ces dernières semaines.
«Avec le processus de résolution, le nombre d’usines avait augmenté dans notre région, a-t-il dit. Nos chiffres pour les exportations étaient au-dessus de la moyenne nationale. Nos prévisions étaient basées sur la poursuite du processus. Pour ces sept premiers mois de l’année, nos exportations ont baissé de 25% à cause de la conjoncture au Moyen-Orient et en raison des attaques du PKK. Pour rétablir la situation, les armes doivent se taire.»
Pour Sayar, la région de Diyarbakir bénéficie des plus grands avantages relatifs aux investissements, mais ceux-ci restent insuffisants.
«Le réel avantage pour la région, c’est la préservation de la paix et la fin des affrontements, a-t-il déclaré. Sans ça, tous les avantages fiscaux et économiques proposés ne suffiront pas à rétablir le dynamisme économique.»
Les données économiques du Sud-est sont généralement en-dessous de la moyenne nationale. Le chômage est plus important et le développement socio-économique est en retard.
Selon Sayar, sil la situation ne change pas, la région sera plus profondément affectée et l’ensemble de l’économie de la Turquie sera pénalisé.
Les spécialistes de l’économie indiquent que les investissements ont quasiment disparu, les capitaux fuient la région et les banques sont plus hésitantes à accorder des prêts.
Tout cela provoquera la fermeture de nombreuses entreprises.
Tous appellent les politiques à faire le nécessaire pour la reprise du processus de résolution et appellent, notamment le Parti Démocratique des Peuples (HDP), à prendre ses responsabilités et à jouer un rôle positif et constructif en apportant son soutien au Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti), qui, selon les économistes, ne peut pas mener cette tâche tout seul.