AA - Ankara - Nur Gülsoy
La Banque centrale turque interviendra sur les taux de change, en cas de nécessité, a assuré le vice-Premier ministre turc, Ali Babacan, jeudi dans une interview accordée à la chaîne de télévision turque, TRT Haber.
"Le Conseil de politique monétaire compte sept membres, outre une équipe technique très puissante, d'autant plus que la Banque centrale dispose des informations et données, beaucoup plus que les autres institutions, a-t-il rappelé. Elle suit les changements des taux de change à la lumière de ces données, et interviendra si nécessaire. C'est notre point de vue et nous n'estimons pas que les décisions de la Banque centrale devraient devenir un sujet de débat quotidien pour le gouvernement. Car dans ce cas, le pays entier subirait les effets négatifs, les risques augmenteraient, les intérêts aussi et la possibilité de prévoir serait moindre. Il serait plus juste, pour nous, que la Banque centrale communique les informations sur les taux de change. Car elle dispose non seulement des compétences mais assume la responsabilité aussi. Chacun peut avoir son opinion mais c'est elle qui décide en fin de compte."
Ali Babacan a aussi abordé le désaccord entre l'Union européenne (UE) et la Grèce.
"Le commerce entre la Grèce et la Turquie est très limité, a-t-il affirmé. Bien qu'ils soient voisins, l'économie de chancun des deux pays est isolée de l'autre. Donc un problème survenu en Grèce ne nous touche pas négativement mais si ce problème atteint l'Europe, son impact négatif sur le continent affecterait notre exportation et les flux financiers dirigés de l'Europe vers la Turquie. Donc nous évaluons plutôt les effets éventuels sur l'Europe et nous nous préparons en ce sens. Car le processus n'avance pas très bien. Je ne peux pas savoir si elles [la Grèce et l'UE] vont se mettre d'accord. Il y a une toute nouvelle Grèce et une Union qui maintient son approche. J'estime qu'elles ne doivent pas trop rester dans l'obstination. Je leurs conseille de concilier au mieux et au plus vite leurs positions."
En réponse à une question, le vice-Premier ministre a aussi commenté la décision de l'Agence de Supervision et de Régulation Bancaire (BDDK) de prendre le contrôle de Bank Asya, banque affiliée au mouvement dirigé par la personnalité religieuse Fethullah Gulen basée aux Etats-Unis.
Selon Babacan, la BDDK est largement compétente et il faut tenir compte de ses affirmations.
"D'après la BDDK, (...) les partenaires de la banque n'avait pas fourni les données nécessaires pour la création d'une banque dans les délais convenus, a-t-il précisé. (...) Une fois ces données fournies, la BDDK doit les évaluer, les contrôler, et décider. Donc nous verrons une fois les procédures achevées."