AA - Ankara - Nur Gülsoy
Qu'il soit en turc ou en kurde, le discours de haine est faux, selon le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef du gouvernement turc s'est exprimé devant le groupe de son Parti pour la Justice et le Développement (AKP), mardi au Parlement.
"Le peuple s'intègre, a-t-il déclaré. Car ce n'est pas le turc, le kurde ou l'arabe qui importent, mais c'est ce qu'on exprime. S'il est utilisé pour un discours de haine, le turc est aussi faux que le kurde. Mais toutes les langues sont sacrées si elles transmettent l'amitié."
"Nous nous opposons à tout type terrorisme, que cela soit perpétré par l'EIIL qui exploite les Arabes, ou par le PKK qui exploite les Kurdes, et nous continuerons à le faire", a-t-il dit . "(...) Oui nous visons un nouveau Moyen-Orient. Nous visons une nouvelle zone de fraternité et d'unité au Moyen-Orient contre la violence du régime syrien ou le terrorisme de l'EIIL ou du PKK ou d'autres groupes. À l'extérieur, les impérialistes essaieront de l'empêcher, à l'intérieur, les complices tenteront d'effacer cette perspective. Mais en fin de compte, nous sommes déterminés à poursuivre la lutte de nos frères au Moyen-Orient."
Ahmet Davutoglu a également commenté la politique intérieure, notamment la réunion du Conseil des ministres organisée en présence du président Recep Tayyip Erdogan, le 19 janvier au palais présidentiel.
"Rien n'est plus naturel que le fait que le président de la République travaille étroitement avec nous, a-t-il assuré. Ne soyons pas jaloux. Personne ne peut faire des calculs pour profiter d'une crise politique en Turquie, à la suite d'un prétendu différend entre le président et moi, (...) ou le Conseil des ministres. Nous ne sommes pas ce genre d'hommes politiques. Nous continuerons dans un esprit de lutte et de tradition étatique."
"La réunion du Conseil des ministres organisée en présence du président de la République s'est tenue avec une richesse d'opinions et de conseils, a poursuivi Davutoglu. Mais c'est le Conseil des ministres qui rend des comptes et est responsable et compétent. Une critique sur cette réunion ne peut pas être adressée au président de la République. C'est nous qui en rendons compte."
En outre, le Premier ministre a aussi critiqué les partis de l'opposition, soient le Parti démocratique des peuples (HDP) et le Parti d'action nationaliste (MHP).
Selon Davutoglu, le HDP est gêné qu'après les événements de Kobané les 6-7 octobre dernier, le chef de l'AKP qui a rendu visite à Diyarbakir (est) ait été chaleureusement accueilli.
"Le HDP est gêné de voir que la mentalité séparatiste perd sa base, a-t-il lancé. Le MHP provoque certains milieux en faisant comme s'il défendait la langue turque à travers le kurde. (...) S'il n'y avait pas l'AKP maintenant, si nous n'avions pas unifié le peuple, les jeunes qui avaient alors scandé ces slogans [chaleureux] seraient en conflit à présent. Voici le principe de fraternité de notre politique."
Le Premier ministre avait rendu visite à Diyarbakir à l'occasion du congrès du parti, le 25 janvier. Le président du MHP, Devlet Bahceli l'a critiqué pour avoir salué le peuple en langue kurde.