AA - Ankara - Nur Gülsoy
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a appelé à ne pas faire de spéculations concernant les résultats des élections législatives du 7 juin, et à se mettre à analyser correctement la volonté nationale exprimée par le peuple.
Le chef du gouvernement s'est réuni pour la première fois avec les nouveaux députés élus de la 25ème législature, mardi au siège de son Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti).
"Contrairement à la volonté de déstabiliser [le pays] par des manipulations des élections législatives, la volonté nationale a été exprimée, les élections se sont tenues par les moyens qu'a assurés AK Parti, a déclaré Davutoglu. Que personne ne fasse de spéculations, mais que chacun se mette à analyser correctement la volonté nationale."
Selon les résultats préliminaires fournis par le président du Haut Conseil électoral turc (YSK), Sadi Guven, l'AK Parti, le Parti républicain du peuple (CHP), le Parti d'Action nationaliste (MHP) et le Parti démocratique des peuples (HDP), sont "ceux qui ont franchi le seuil électoral de 10%, et compte tenu des délais impartis pour déposer des recours, les résultats définitifs seront annoncés dans les prochains jours".
Ainsi, l'AK Parti ayant obtenu le plus grand nombre de voix, Davutoglu a estimé que le peuple l'a chargé de s'occuper de l'avenir de la politique turque. Il souligné que son parti est le seul qui a la légitimité de gouverner et de diriger en ce moment.
- Condamnation à mort de Morsi
La condamnation à mort du président égyptien destitué, Mohammed morsi est "un examen pour les pays occidentaux", a dit le Premier ministre turc. "Nous verrons leurs réactions à la marche vers la peine de mort d'une figure importante d'un mouvement politique qui n'a jamais recouru à la violence. Les démocrates et les partisans des libertés doivent passer un examen. Pourront-ils élever la voix?" s'est-il interrogé.
"Nous verrons comment les médias internationaux vont réagir face aux événements en Egypte, eux qui parlaient d'une marche vers 'l'autoritarisme et le dictat' en Turquie, en ciblant l'AK Parti et le président de la République, alors que la Turquie marchait vers des élections objectives et transparentes", a martelé Davutoglu, reprenant: "Nous verrons si c'est une question de démocratie ou d'intérêt. Nous verrons aussi ceux qui réclament des libertés en Turquie et saluent le régime en Egypte, ou se taisent devant l'oppression en Syrie."
Davutoglu a rappelé que la conscience et le passé de son parti sont "propres", et a dit avoir contesté chaque dictat, oppression, ou régime qui viole les droits de l'Homme.
"Quel qu'en soit le prix, nous souhaitons les mêmes choses pour les peuples frères au Moyen-Orient, que ce que nous souhaitons pour nous-mêmes, a-t-il poursuivi. Quel qu'en soit le prix, nous continuerons à faire le nécessaire pour la liberté des peuples frères au Moyen-Orient."