AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a évoqué, au cours d’un repas de rupture du jeûne (iftar) organisé, mercredi soir, par l'AK Parti devant les ambassadeurs étrangers accrédités en Turquie, la situation en Syrie et la lutte contre le terrorisme.
Ahmet Davutoglu s'est dit "fier" de l’accueil des réfugiés, rappelant que la Turquie est "le pays au monde qui vient en aide au plus grand nombre de réfugiés".
«Nous ne souhaitions pas que des personnes soient obligées de quitter leur maison, leur pays pour fuir la guerre et la violence, mais aujourd’hui, nous accueillons plus de 2 millions de syriens et d'irakiens dans notre pays. C’est une grande fierté pour moi d’être le Premier ministre de ce pays qui montre sa solidarité avec les peuples voisins», a déclaré Davutoglu.
Le Premier ministre a interpellé les ambassadeurs au sujet des «campagnes injustes et mensongères» orchestrées dans certains pays contre la Turquie, alors que celle-ci fait preuve d’une si grande générosité envers les victimes du régime assassin en Syrie et contre les différents groupes terroristes, en premier lieu contre l'EIIL.
«Racontez tout cela dans vos pays», a-t-il demandé à ses convives.
Davutoglu a tenu à affirmer que "Quelque soit la situation, et malgré la propagande, la Turquie continuera à garder ses portes ouvertes aux personnes en danger souhaitant se réfugier sur son sol".
Ahmet Davutoglu a, dans ce cadre, fait remarquer que plus de 200 mille bébés de parents réfugiés sont venus au monde sur le territoire turc.
«Ces bébés ont ouvert leurs yeux dans un pays libre et en paix. Le poids de la responsabilité à assumer envers ces enfants ne doit pas être laissé à la charge de la Turquie seule», a-t-il estimé.
«Nous ne voulons ni de régime sanguinaire ni de terroristes à nos frontières. Nous n’avons jamais été aux cotés d’al-Assad ou de l"EIIL. Notre position contre le terrorisme est très claire», a déclaré Davutoglu.
Le Premier ministre turc a, de nouveau, appelé les Nations Unies et le Conseil de Sécurité à "enfin agir" pour mettre fin au conflit en Syrie.
Ahmet Davutoglu a appelé les ambassadeurs à développer une coopération internationale pour mettre fin aux conflits dans le monde et lutter contre les injustices et la violence.
Concernant la Grèce, Davutoglu a rappelé qu’en 2001, la Turquie avait connu une très grave crise économique, raison pour laquelle "elle saisit très bien la situation de son voisin".
Le Premier ministre a, par ailleurs, exprimé la volonté turque de venir en aide à la Grèce si celle-ci demande son soutien.
Ahmet Davutoglu a conclu ses propos en commentant l’actualité interne turque, insistant que son parti demeure la plus grande formation politique, et que le Parti de la Justice et du Développement (AK Parti) est le garant de la stabilité politique et économique de la Turquie.
«La Turquie a encore une fois démontré son attachement profond et solide à la démocratie dans une région secouée par la guerre et privée de démocratie», a souligné Davutoglu.
Le leader de l’AK Parti a déclaré qu’une fois, la tâche de former un nouveau gouvernement lui aura été confiée, il débutera ses discussions avec les dirigeants des autres partis, de manière responsable et constructive, s'attendant à une attitude similaire de ses interlocuteurs.