AA - Istanbul - Nur Gülsoy
"Nous avons consulté les partis [politiques], notre organisation et nos électeurs. L'idée d'une coalition avec le MHP ou le CHP a émergé de ces discussions. Nous discuterons avec tous les partis, les trois partis [représentés au Parlement] mais nous nous employerons à obtenir un résultat avec les deux partis cités," a déclaré vendredi, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu à l'aéroport Ataturk d'Istanbul, avant son départ pour Sarajevo.
Davutoglu a rappelé à ce propos que "inclure la fonction de présidence de la République dans les négociations pour former le gouvernement n'est pas de la bonne volonté".
"Les choses avancent dans le cadre constitutionnel et les règles politiques en Turquie, a-t-il déclaré. Il ne faut pas faire de la fonction de présidence de la République, une partie prenante aux négociations pour la mise en place d'un gouvernement. Sinon, on s'éloignerait de la bonne volonté."
Le peuple turc avait élu, le 7 juin, les 550 députés de la 25ème législature. Le président Recep Tayyip Erdogan a chargé jeudi Ahmet Davutoglu, le chef du parti qui a obtenu le plus grand nombre de sièges, de former le nouveau gouvernement.
Davutoglu a annoncé qu'il rencontrera donc les dirigeants du Parti républicain du peuple (CHP), du Parti d'action nationaliste (MHP) et du Parti démocratique des peuples (HDP) la semaine prochaine.
"Ce qui est important, c'est de se mettre d'accord sur une volonté commune et d'agir sur une base solide, a-t-il dit. J'estime encore possible la mise en place d'une coalition bien construite, si on adopte une approche bienveillante et si on agit loin des éclats émotionnels."
Le Premier ministre a aussi commenté la question des Ouïghours.
"Un différend quel qu'il soit, ne doit pas transparaître aux représentations étrangères [...] d'autant plus que les mécanismes de dialogue sont ouverts entre la Turquie et la Chine et la Thaïlande, a insisté Davutoglu. De ce fait, ces attaques contre des touristes coréens ou le Consulat honoraire thaïlandais, ne correspondent pas à notre culture et aux principes politiques et diplomatiques. J'appelle le peuple à être vigilant et à ne pas se laisser aller aux provocations."
Le ministère chinois des Affaires étrangères avait exprimé, lundi, l'inquiétude de Pékin après les manifestations hostiles à la Chine organisées en Turquie sur fond de restrictions imposées sur l’observation du jeûne pour les habitants de la région autonome du Turkestan oriental (Ouest).
Le gouvernement thaïlandais avait confirmé pour sa part, jeudi, avoir expulsé 90 migrants ouïghours musulmans vers la Chine, ce qui a été dénoncé par la Turquie.
En outre, des touristes chinois avaient été agressés et le Consulat honoraire de la Thaïlande avait été attaqué par un groupe d'individus, suite aux événements. Ces actes avaient été condamnés par le ministère turc des Affaires étrangères.