Uğur Çil,Zuhal Demirci,Ayvaz Çolakoğlu
14 Juillet 2017•Mise à jour: 15 Juillet 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le président de la République de Turquie a déclaré lors d'une interview accordée à la chaîne britannique BBC : "Tout d'abord, nous n'avons aucun problème avec les kurdes. Notre seul problème, ce sont les organisations terroristes, PKK, DHKP-C, PYD, YPG, DAESH et FETO. Nous donnons une définition du terrorisme et puis quelque soit l'organisation terroriste, il s'agit de notre ennemi et nous les combattrons jusqu'au bout, au nom de notre peuple".
Erdogan a tenu ces propos dans le cadre d'un entretien exclusif accordé, vendredi, au programme "HARDtalk" diffusé sur la chaîne BBC.
Interrogé sur l'état actuel de l'atmosphère d'unité affichée en Turquie à la suite de la tentative de coup d'Etat, Erdogan a qualifié "d'inventions" les informations selon lesquelles, l'unité a volé en éclat et que la tentative de coup d'Etat a été un prétexte pour museler toute opposition.
"Lors des programmes de commémoration, le monde entier va de nouveau se rendre compte de notre unité nationale" a-t-il lancé.
Concernant la "marche pour la justice" organisée par le CHP (principal parti d'opposition en Turquie) à la suite de l'interpellation d'un de leurs députés pour trahison et atteinte à la sûreté de l'Etat, le chef de l'Etat turc a rappelé que cet événement n'aurait pu se dérouler en toute sécurité que grâce aux efforts du gouvernement et qu'en fin de compte, lors du meeting de clôture, seulement 175 mille personnes avaient fait le déplacement alors que le parti au pouvoir (fondé et dirigé par le président Erdogan) avait, récemment, réussi à rassembler près de 2 millions de sympathisants avant d'ajouter : "voilà notre différence".
Erdogan a accusé le CHP de "flirter avec les extrêmes et les organisations terroristes et d'être très loin de l'esprit d'unité dont il est question".
La présentatrice de l'émission a insisté sur le cas des journalistes emprisonnés en Turquie déclenchant l'ire d'Erdogan.
"Il n'y a personne en prison en raison de son activité de journaliste, nous devons dire cela très clairement", a t-il réaffirmé avant de rappeler que sur l'ensemble de ces personnes, "seulement 2 possèdent une carte de presse en bonne et due forme, et qu'elles sont accusées soit d'appartenance à une organisation terroriste, soit mêlées à des affaires de possession d'armes à feu".
"Aucun de ceux emprisonnées actuellement ne possède la qualité de journaliste, ce sont des mensonges" a-t-il lancé.
"Personne ne peut apporter sa contribution à une organisation terroriste qui tente de renverser un Etat et se réfugier derrière son statut de journaliste, une chose pareille n'est pas possible", a-il poursuivi.
A une question sur le sort de ceux qui ont été limogés ou interpellés à la suite de la tentative de coup d'Etat et mettant en cause l'indépendance de la justice en Turquie, Erdogan a répliqué, "Désolé de vous le dire mais vos affirmations ne sont ni justes ni honnêtes".
Et le chef de l'Etat turc de poursuivre, "Pourquoi l'Etat devrait-il entretenir des membres d'une organisation terroriste (FETO) ? 250 de mes concitoyens ont été tués, 2193 sont blessés. Qui va panser les plaies, qui va nous ramener nos 250 martyrs ?".
Erdogan de rappelé un fait de l'histoire récente de l'Europe, "lors de l'unification de l'Allemagne, 500 mille personnes ont été limogées, personne n'a rien eu à redire, et l'on voudrait que la Turquie ne fasse rien face aux putschistes, cela n'est pas acceptable", a-t-il souligné.
Concernant l'extradition du chef du FETO, actuellement en exil aux Etats-Unis, Erdogan a indiqué que la nouvelle Administration américaine avance les mêmes arguments que la précédente à savoir "le processus judiciaire" et "l'analyse des dossiers".
S'agissant de la crise dans le Golfe et l'embargo appliqué au Qatar, le chef de l'état turc a déclaré : "Nous ne sommes par partisan des crises, au contraire, nous sommes à la recherche d'une solution rapide dans le Golfe par la paix et le dialogue. Nous ne voulons plus des guerres entre Musulmans dans la région, nous en avons marre de tout cela", a t-il regretté.
Interrogé sur l'état des lieux des relations entre la Turquie et l'Union européenne (UE), Erdogan a précisé que "l'UE n'est pas sincère et qu'aucune des promesses faites par cette institution n'a été tenue".
"Si l'UE dit clairement qu'elle ne veut pas de la Turquie, cela nous soulagera", a-t-il encore lancé avant d'ajouter que la Turquie possède d'autres options que l'UE.
Pour conclure, Erdogan a lancé quelques mises au point, "Tout d'abord, nous n'avons aucun problème avec les kurdes. Notre seul problème, ce sont les organisations terroristes, PKK, DHKP-C, PYD, YPG, DAESH et FETO. Nous donnons une définition au terrorisme et puis quelque soit l'organisation terroriste, il s'agit de notre ennemi ennemi et nous les combattrons jusqu'au bout, au nom de notre peuple".