AA – Ankara – Naz Altinsoy
Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a participé vendredi, à la réunion de la table éditoriale de l’Agence Anadolu, pour commenter l’actualité régionale et internationale.
Concernant les armes délivrés par la communauté internationale aux forces de l’ordre de l’Irak, dans le cadre de la lutte contre l’"État islamique", Cavusoglu a demandé aux alliés de faire preuve de vigilance quant aux destinataires.
"Il est possible qu’on ne puisse pas contrôler la destination de ces armes, a-t-il expliqué. Les armes envoyées (en Irak) ne doivent pas tomber aux mains des organisations terroristes, dont notamment le PKK. Nous avons fait part de notre préoccupation sur cette question".
Le ministre turc a indiqué que la création d’une force de réaction rapide "pour contrer les menaces dans les pays membres ou alliés", a été envisagée lors du sommet de l’OTAN qui s’est tenu les 4 et 5 septembre à Newport, au Pays de Galles. "Mais les moyens et les conditions n’ont pas encore été fixés", a-t-il précisé.
S’agissant de l’Irak, Cavusoglu a affirmé que "tout le monde a tiré les leçons nécessaires des erreurs du régime de Maliki", soulignant la nécessité de protéger les frontières et l’intégrité territoriale du pays. "Tous les Irakiens doivent bénéficier des richesses du pays. Dans le cadre de la constitution irakienne, personne ne devrait être exclu", a ajouté le ministre.
Cavusoglu s’est également prononcé sur les activités d’espionnage qu’auraient menées l’Allemagne et les États-Unis en Turquie, notamment par des mises sur écoute des conversations téléphoniques.
La chancelière allemande Angela Merkel a demandé au président turc Recep Tayyip Erdogan de "leur faire confiance sur ce sujet", selon Cavusoglu.
Soulignant que les mises sur écoute ont été évoquées lors du sommet de l’OTAN, "Le Président Erdogan a indiqué à ses homologues qu’il préfère discuter directement de l’affaire et non par le biais des médias", a dit Cavusoglu.
L’ancien ministre des affaires européennes (UE), Cavusoglu a reconnu qu’il y a actuellement une stagnation dans le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union, affirmant toutefois que l’immobilisme est un fait de l’UE et non pas d'Ankara.
Le nouveau chef de la diplomatie turque s’est également penché sur la question palestinienne.
"Nous nous efforçons depuis 12 ans pour établir la paix et la stabilité au Moyen-Orient. Mais à chaque occasion, Israël a anéanti nos efforts", a-t-il souligné.
Cavusoglu a rappelé les trois conditions pour le rétablissement des relations bilatérales entre la Turquie et Israël. Israël devra premièrement s’excuser, payer des dommages et intérêts aux familles des victimes de l’affaire du Mavi Marmara et lever le blocus sur la bande de Gaza, a-t-il indiqué .
Notant qu’Israël s’est déjà excusé, Cavusoglu a noté qu’Ankara et Tel-Aviv en étaient venus à un certain point concernant l’amélioration des relations bilatérales.
"Mais à ce moment même, Israël a repris son offensive contre Gaza, relançant les bombardements. Si Israël met en œuvre nos deux autres conditions, nos relations se normaliseront bien évidemment", s’est-il expliqué.
En mai 2010, une flottille humanitaire internationale, avait tenté de briser le blocus imposé par Israël sur la Bande de Gaza pour délivrer nourriture, médicaments, vêtements et maisons préfabriquées. Le navire turc Mavi Marmara, avait alors été attaqué par l’armée israélienne dans les eaux internationales, faisant neuf morts. En 2013, Erdogan avait accepté les excuses présenté par son homologue israélien, qui s’était aussi engagé à indemniser les familles des victimes.