AA - Istanbul - Nur Gülsoy
Les propos de certains dirigeants iraniens n'affecteront pas la visite prévue du président turc Recep Tayyip Erdogan à Téhéran .
Le chef de l'Etat turc s'est exprimé aux journalistes à l'aéroport Ataturk d'Istanbul, avant son départ pour la Slovénie, lundi.
"Tout le monde connaît notre position concernant le Yémen; nous estimons que les interventions de l'extérieur et de l'intérieur ne sont pas une bonne chose pour maintenir l'intégrité territoriale du pays, a déclaré le président Erdogan. Donc nous insistons pour que ceux qui y interveniennent, se retirent. L'Iran a eu d'autres propos, dont un d'un parlementaire je crois, je ne sais, il n'est pas mon interlocuteur. En tout cas, ces personnes n'affecteront pas notre visite."
"C'est nous qui déciderons d'efectuer ou non cette visite, a-t-il poursuivi. Nous maintenons notre programme pour l'instant mais observons la situation au Yémen aussi. Les événements au Yémen sont très importants pour nous, ils peuvent influencer notre décision mais il n'y a aucun changement dans notre programme pour l'instant."
Une opération militaire baptisée "Tempête de fermeté" et menée par l'Arabie Saoudite avec l'appui de plusieurs pays du Golfe, a démarré dans la soirée le 25 mars au Yémen contre le groupe des Houthis, en réponse à la demande du "gouvernement légitime" .
Le président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi avait envoyé une lettre au Conseil de sécurité des Nations Unies et aux pays arabes, pour qu'ils entreprennent une intervention militaire au Yémen.
Le pays est en proie au chaos depuis septembre 2014, lorsque des forces pro-Houthies se sont emparées de Sanaa et ont, depuis, cherché à étendre leur emprise à d’autres régions du Yémen.
Certains pays du Golfe accusent l'Iran de soutenir l'insurrection des Houthis, groupe de confession musulmane chiite.
- Régime présidentiel
Erdogan a aussi abordé sa volonté de voir le régime présidentiel instauré en Turquie.
"J'ai soutenu le régime présidentiel non seulement quand j'étais Premier ministre, mais même depuis que j'étais maire de la métropole [d'Istanbul] et bien avant cela, a-t-il rappelé. Depuis, je soutiens l'idée de 'rassembler les éléments profitables de tous les exemples présidentiels dans le monde, pour forger notre propre système'. Nous en avons discuté avec le Premier ministre [Ahmet Davutoglu]. Il incluera, lorsqu'il rédige sa déclaration électorale, ses opinions sur ce régime. Ainsi, nous y retrouverons 'l'approche du gouvernement et du parti au pouvoir sur le sujet'."
Selon le président turc, le régime parlementaire a bloqué le fonctionnement du pays et la possibilité pour la Turquie de faire un plus grand élan de développement.