AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
Les peshmergas qui souhaitent rejoindre Kobané pour combattre l'EIIL pourront ''à tout moment'' traverser la frontière turque, a annoncé le ministre des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu.
Interviewé mardi sur la chaine d'info A Haber, Cavusoglu s'est exprimé sur le passage à travers la Turquie pour la ville frontalière de Kobané des milices de soutien aux forces kurdes contre l'EIIL.
La Turquie est sensible à la question du contrôle de Kobané et veille à ce que l'EIIL ne s'empare pas de la ville, cependant les combats qui s'y déroulent ne devront pas occulter la violence que subissent les populations syrienne et irakienne, a affirmé Cavusoglu.
Le chef de la diplomatie turque a évoqué la crise de confiance historique entre le Parti de l'Union démocratique (PYD, branche syrienne du PKK) et l'Armée syrienne libre (ASL) à l'égard de l'intégrité territoriale de la Syrie pour expliquer le retard relatif à la prise de décision permettant aux soldats de l'ASL de rejoindre Kobané pour lutter contre l'EIIL.
Une crise de confiance similaire existerait entre le PYD et les peshmergas, selon le ministre turc qui a rappelé que le nombre initial de 2000 peshmergas à destination de Kobané a été réduit d'abord à 200 ensuite à 150.
Interrogé sur la poursuite du passage des peshmergas, Cavusoglu a indiqué qu'''il n'existe aucun problème politique sur le sujet'' et que les 150 peshmergas peuvent traverser la frontière pour atteindre Kobané ''à tout moment''.
Les troupes de l'ASL n'ont pas encore atteint Kobané, a indiqué Cavusoglu, ajoutant que le PYD et l'ASL se sont mis d'accord sur le passage des combattants de l'opposition syrienne à la ville frontalière. ''La Turquie assurera toute l'aide nécessaire à cet égard'', a-t-il fait savoir.
Le PYD a pour l'objectif de contrôler une seule partie de la région, allant ainsi à l'encontre de l'intégrité territoriale de la Syrie, a précisé le ministre. ''Le groupe ne soutient pas le départ du régime de Bachar al-Assad et n'est pas favorable à une transformation politique pluraliste dans le pays'', a-t-il ajouté.
La Turquie ne pourra pas considérer le PYD légitime tant qu'il est réticent à coopérer avec d'autres groupes hostiles au régime d'al Assad, a conclu Cavusoglu.