Mümin Altaş,Nur Asena GÜLSOY
11 Septembre 2017•Mise à jour: 11 Septembre 2017
AA – Ankara – Nur Gülsoy
Il ne faut pas permettre à certains groupes de détériorer les relations entre les États-Unis d'Amérique et la Turquie, a déclaré le vice-Premier ministre turc, Bekir Bozdag.
Le porte-parole du gouvernement turc a animé un point de presse à l'occasion de la réunion du Conseil des ministres, lundi à Ankara.
Relevant que la Turquie et les États-Unis sont deux pays amis et alliés, Bozdag a affirmé: «Nous savons que certains groupes cherchent à détériorer ces relations. Il ne faut pas permettre que les relations se dégradent à cause de ces personnes. J'espère que les États-Unis évalueront plus correctement la question [de l'enquête contre l'ancien ministre] et le sujet des gardes du corps.»
Bozdag a poursuivi qu'une enquête est ouverte sur les gardes du corps du président de la République, Recep Tayyip Erdogan. «Le Parquet de Washington a rédigé un acte d'accusation sur 19 personnes, dont quatre ressortissants civils turcs et quinze gardes du corps, a précisé le vice-Premier ministre. Il est intéressant de constater que quatre de ces gardes du corps n'étaient pas présents au moment de l'incident. L'acte d'accusation est infondé, partial et injuste. Il a été préparé suivant les témoignages des partisans de l'organisation terroriste PKK/PYD qui avaient observé une manifestation. Les témoignages des gardes du corps n'y figurent pas. C'est inacceptable.»
Soulignant que les autorités américaines qui auraient dû empêcher les manifestations, n'ont pas assumé leur responsabilité, Bozdag a aussi attelé les allégations selon lesquelles une enquête aurait été ouverte contre l'ancien ministre turc de l'Économie, Zafer Caglayan.
«Caglayan a protégé les intérêts de l'État turc, a-t-il insisté. Pour ce faire, il a agi conformément aux lois en Turquie et aux règles du droit international. La question actuelle est un sale jeu. Il n'y a pas de preuves. La justice américaine est instrumentalisée dans le scénario que voulait justement voir l'organisation terroriste FETO.»
Bozdag a ajouté que les relations commerciales entre la Turquie et l'Iran sont conformes aux lois turques ainsi qu'au droit international, et qu'aucune opération commerciale non conformes au droit national et international n'a été réalisée.
«De plus, aucune opération criminelle n'a été effectuée, a-t-il poursuivi. Les opérations des banques turques et de la Turquie sont toutes réalisées dans le cadre du droit international et sont toutes contrôlées.»
Le vice-Premier ministre a ensuite abordé la question du référendum d'indépendance concernant le District du Nord de l'Irak, notant que «ce référendum ne sera profitable ni pour Barzani ni aux habitants kurdes de la région, ni aux peuples et pays de la région».
Bozdag a ainsi appelé Barzani «à revenir sur sa décision et à renoncer à ce référendum».
Le porte-parole du gouvernement a aussi abordé l'oppression subie par les musulmans Rohingyas au Myanmar, déplorant la crise humanitaire survenue.
Il a rappelé que son pays a acheminé une aide de mille tonnes via l'Agence turque de Coopération et de Coordination (TIKA) dans la région, et a assuré que la campagne d'aide lancée se poursuivra avec la participation du Croissant rouge turc, de la direction turque des Catastrophes Naturelles et des Situations d’Urgences (AFAD), de la TIKA, de la Fondation des Affaires Religieuses (Diyanet), de la Présidence de la Diyanet, outre les organisations de la société civile.
«Notre peuple est très sensible à ce genre de situations, a-t-il affirmé. Nous avions auparavant tendu la main à la Somalie en 2011, lors de la famine. J'invite notre peuple entier à participer à la campagne actuelle. Je suis sûr que tous nos citoyens feront le nécessaire. Je les remercie d'avance.»
Bozdag s'est aussi félicité du taux de croissance de son pays, précisant que ce taux est de 2,3% en Union européenne (UE) au deuxième trimestre de 2017, et de 5,1% en Turquie.
«Ces chiffres attristent ceux qui attendent une crise économique en Turquie après la tentative de coup d'État du 15 juillet 2016, a-t-il martelé. Cela démontre que les mesures économiques prises par notre gouvernement sont correctes.»