Atheer Ahmed Kakan
27 Novembre 2015•Mise à jour: 27 Novembre 2015
AA/ Washington/ Atheer Kakan
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a appelé le monde à s’unir, pour l’emporter face à Daech, soulignant la volonté de son pays à défendre sa souveraineté, et sa disposition à coopérer avec ses alliés pour apaiser les tensions avec la Russie.
Davutoglu s’est exprimé ainsi, dans un article publié jeudi, par le quotidien britannique «The Times», soulignant que «l’abattage d’un avion non identifié dans l’espace aérien de la Turquie, n’était pas un acte dirigé contre un pays en particulier».
«La Turquie a agi [lorsqu'elle a abbatu l'avion russe], sur la base des règles d'engagement reconnues, pour protéger l'intégrité et la souveraineté de son territoire» a affirmé le Premier ministre, relevant par ailleurs, «la poursuite des dialogues nécessaires».
«Les mesures pour la défense de nos territoires sont toujours en place, mais la Turquie œuvre avec ses alliés, et la Russie, en vue d’apaiser la tension», a-t-il indiqué.
«La communauté internationale ne doit pas se retourner contre elle-même, sinon ce sont le régime syrien et Daech qui en sortiront victorieux» a affirmé le ministre turc, qualifiant de «symbiotique» la relation entre le pouvoir de Damas et l’organisation terroriste.
Davutoglu a ajouté : «A la suite des attentats de Paris, similaires à ceux qui ont eu lieu à Ankara et à d'autres attaques antérieures, il aurait fallu se concentrer principalement sur le traitement de la menace internationale constituée par Daech, assurer l'avenir de la Syrie, et tenter de résoudre la crise des migrants ».
Il a souligné qu’un échec permettra à Daech de diffuser son odieuse idéologie sur une plus une plus grande échelle, appelant à « une réaction de la communauté internationale, au niveau requis par le fléau du terrorisme, et au-delà des intérêts étroits».
Le chef du gouvernement turc, a affirmé, que «Daech voue un culte à la mort, refuse la vie, et n'a rien à voir avec la religion».
«Le monde non musulman doit distinguer les terroristes et leurs fausses prétention, et ne pas se laisser entraîner par les chantres du choc des civilisations» a affirmé Davutoglu, soulignant que «l’indifférence à l’égard des crises du Moyen-Orient n’est plus une option».
L’échec de la communauté internationale, selon le Premier ministre turc, a été de ne pas se focaliser sur la lutte contre l’expansion de Daech en Syrie. «Des positions ne relevant pas de Daech, et des groupes luttant contre le régime d’al-Assad ont été bombardés», a-t-il relevé.
«Sur ce point, j’irais aussi loin que le président Obama et David Cameron», a-t-il affirmé, «mais nous devons résister à la tentation de blâmer, et nous concentrer sur une action concertée».
Davutoglu a conclu sa tribune en affirmant que «ceux qui ont orchestré les attaques contre Paris, Ankara, Beyrouth et l'avion de ligne russe au Sinaï, visent à remettre en cause le traitement humain des réfugiés, et l’harmonie entre les religions en Occident».
«Permettre à ceux qui refusent les migrants, aux islamophobes, et aux antisémites de détourner le discours politique, remettra en cause la capacité de l’Europe à promouvoir la tolérance envers les religions et les cultures. La Turquie se joint à ceux qui défendent une vision humaniste de l’Europe. Notre candidature pour l’adhésion à l’Union Européenne confirme notre engagement», a encore souligné le Premier ministre turc.
«Il est temps de faire face fermement à Daech. Une action collective exploitant les différentes forces des États-Unis, de l'UE, de la Russie, de la Turquie et d'autres, peut inverser la tendance» a conclu Ahmet Davutoglu.