AA - Van (Turquie) - Tuncay Çakmak
Le co-Président du Parti Démocratique des Peuples (HDP), Selahattin Demirtas, a appelé, samedi, le PKK à «immédiatement arrêter ses attaques en Turquie pour permettre la reprise du dialogue».
Demirtas a répondu aux questions des journalistes avant de se rendre au «Meeting pour la paix» organisé par son parti à Van, ville de l'Est de la Turquie.
Le leader du HDP a indiqué qu’ils oeuvraient activement pour que «les affrontements prennent fin et que les armes se taisent, conformément à la volonté de l’ensemble de la population en Turquie.»
«Nous faisons un appel aux deux parties», a-t-il déclaré, «Le PKK doit immédiatement retirer son doigt de la gâchette et déclarer qu’il va respecter le cessez-le-feu. Le gouvernement doit mettre fin aux opérations et mettre de côté les choix sécuritaires. Il doit annoncer qu’il est prêt pour les négociations. Il est nécessaire de reprendre le processus là où il s’est arrêté pour le porter au-delà.»
Demirtas a exprimé son incompréhension face aux opérations militaires menées par les forces de sécurité turques.
«Pourquoi bombarde-t-on les montagnes», s’est-il interrogé «sommes-nous obligés d’accepter que des barricades soient installées, que des véhicules soient incendiés, que des explosifs soient jetés sur les postes de polices. Cette nation nous appartient à tous. La solution est simple, il suffit de se mettre autour d’une table et de trouver un accord pour la résolution, et ensuite le désarmement débutera.»
Le co-Président du HDP a ensuite appelé tous les citoyens à élever la voix pour demander la paix, affirmant de cette manière que ceux qui poursuivent une politique de la guerre devront écouter la volonté du peuple.
Demirtas a affirmé que la Turquie ne vivra pas le même chaos que la Syrie, précisant que les politiciens du HDP qui s’opposent à la guerre, empêcherons cela d’arriver.
Pour Demirtas, la seule chose qui explique la situation dans laquelle se trouve la Turquie actuellement, ce serait que le Parti pour la Justice et le Développement n’a pas obtenu la majorité absolue aux élections législatives du 7 juin, du fait que le HDP a passé le barrage des 10% en obtenant 13% des suffrages.
«Le peuple n’acceptera jamais l’idée imposée par le parti au pouvoir [AK Parti], selon laquelle "la paix se fera avec l’AK Parti, sans AK Parti pas de paix"», a estimé le co-Président du HDP.
«Les partis comme l’AK Parti ou le Parti d’Action Nationaliste (MHP), ne veulent pas la paix, ils se nourrissent du conflit» a-t-il insisté.
D’autre part, le leader du HDP a dénoncé le langage provocateur et non objectif des médias qui, d'après lui, sont également responsables de l’ambiance négative qui règne dans le pays.