Andaç Hongur,Sefa Mutlu
27 Février 2016•Mise à jour: 29 Février 2016
AA - Istanbul (Turquie) - Nur Gülsoy
Le peuple turc ne soutient plus les sympathisants de l'organisation terroriste PKK déguisés en députés au Parlement, a déclaré le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef d'Etat s'est exprimé, samedi, lors de la 37e Assemblée générale de la Fondation Ensar, à Istanbul.
Saluant les opérations de lutte anti-terroriste menées dans le sud-est de la Turquie, le président a déclaré: "Le peuple ne soutient plus les sympathisants du PKK déguisés en députés au Parlement. Les gens s'impatientent et demandent des comptes aux députés pour lesquels ils avaient voté, les députés qui se sont inscrits comme milice dans cette organisation terroriste. Ils leur demanderont des comptes pour avoir agi comme des kamikazes politiques."
Le président turc a rendu hommage à l'ancien Premier ministre turc, le professeur Necmettin Erbakan, décédé en 2011, qui avait "dédié sa vie au développement de la Turquie à travers l'appropriation des valeurs nationales et morales."
Necmettin Erbakan est l'un des acteurs du processus de 28 février 1997 en Turquie.
Cette période est baptisée coup d'Etat "post-moderne", faisant référence à la décision en 18 points prise par le Conseil de sécurité nationale contre la réaction politique. Le Parti de la Prospérité de Necmettin Erbakan avait été dissous et des dirigeants, dont Erbakan, avaient été interdits de tout exercice de la politique pendant une période de cinq ans.
Ce processus a provoqué le licenciement de milliers de gens, particulièrement, les femmes voilées et des étudiants ont dû quitter l'université. Quinze ans plus tard, ce processus a fait l'objet d'un procès.
La première audience du procès a eu lieu le 2 septembre 2013. Cent trois suspects étaient accusés de "coopération pour renverser par la force le gouvernement de la République de Turquie". Le procès se poursuit toujours.
Pour sa part, Erdogan a rappelé avoir déclaré, à l'époque où il était Premier ministre, "souhaiter élever une génération religieuse": "Certains sont devenus fous. C'était mon objectif au poste de Premier ministre, mais cela ne signifie pas que nous ne mettons pas au service de ce ceux qui ne sont pas religieux. Nous avons fourni des services à tout le monde dans ce pays, y compris ceux qui nous ont insultés".