AA - Strasbourg (France) - Bilal Muftuoglu
Le Parlement européen a adopté, mercredi, son rapport d'avancement 2014 pour la Turquie, appelant la Commission européenne à étudier les moyens à même de renforcer les relations entre la Turquie et l'Union européenne (UE). (432 voix pour, 94 contre, 127 abstentions)
Lors de la session plénière du Parlement à Strasbourg, les députés européens ont examiné le rapport, dont le vote avait été reporté fin mai à la suite de nombreuses demandes d'amendement.
Dans son rapport, le Parlement a appelé la Commission à soutenir les efforts du gouvernement turc en matière de processus de résolution, ''à travers des programmes socio-économiques et éducatifs dans le Sud-est de la Turquie''.
Les parlementaires ont, par ailleurs, commenté les élections législatives tenues dimanche en Turquie, se félicitant de leur bon déroulement.
''Les électeurs turcs ont indiqué qu'ils veulent changer. Notre réaction ne devrait pas être de fermer la porte'', a déclaré Kati Piri, le rapporteur du Parlement sur la Turquie.
Les élections font preuve, de la ''résilience de la démocratie turque et l'esprit démocratique de ses citoyens'', ont indiqué les parlementaires, tout en saluant l'élection du ''Parlement le plus inclusif et représentatif de l'histoire moderne de la Turquie, reflétant la diversité du pays''.
Le Parlement a ainsi appelé toutes les formations politiques en Turquie à œuvrer à la formation d'un ''gouvernement stable et inclusif',' qui devrait ''relancer le processus de démocratisation'' du pays.
Les parlementaires ont, aussi, invité à un approfondissement de la coopération entre la Turquie et l'UE dans le domaine de la lutte antiterroriste, en particulier contre l'EIIL.
D'autre part, le Parlement européen s'est montré plutôt critique au sujet de Chypre et de la liberté d'expression en Turquie. Le Parlement a, ainsi, estimé que la Turquie doit retirer ses troupes de l'île et transférer le contrôle de Famagouste (Maras en turc) à l'Organisation des Nations Unies (ONU).
La garantie de la liberté de la presse doit être une ''priorité'' pour la Turquie, ont insisté les parlementaires. Ils se sont, pourtant, félicités de l'organisation ''libre'' et ''dynamique'' des débats sur des ''sujets sensibles'', dont les questions kurde et arménienne en Turquie.
Les parlementaires ont, par ailleurs, rappelé qu'en 2014, Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre à l'époque, avait publié un message de condoléances aux descendants des Arméniens.
''Ce rapport appelle ... clairement à plus, pas moins, d'engagements avec la Turquie à tous les niveaux'', a conclu Piri lors du vote du rapport.