AA - Ankara - Bilal Muftuoglu
''Toute aide destinée au PYD et au PKK serait inacceptable. Nous pourrons, par contre, collaborer avec l'armée syrienne libre et les peshmergas'', a affirmé Président turc Recep Tayyip Erdogan, au sujet du passage des peshmergas de la Turquie à Kobané dans le nord de la Syrie.
Le Président s'est exprimé mercredi à l'aéroport d'Esenboga dans la capitale turque avant d'entamer une visite officielle en Lettonie et en Estonie pour aborder le processus de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne et les relations bilatérales.
Interrogé sur les allégations selon lesquelles le changement de politique de la Turquie est du aux pressions de Washington, Erdogan a rappelé sa conversation avec son homologue américain Barack Obama. ''J'avais déjà proposé cette idée au Président Obama lors de notre conversation téléphonique'', a-t-il indiqué. ''Nous lui avons précisé que toute aide destinée au PYD et au PKK serait inacceptable'', a ajouté le Président turc.
Erdogan a fait savoir que la Turquie pourra entreprendre deux mesures pour améliorer la situation dans la ville frontalière de Kobané. Le pays pourra collaborer dans un premier temps avec l'armée syrienne libre et ensuite avec les peshmergas.
L'EIIL ne pourrait pas résister plus de deux jours à Kobané contre les forces kurdes, selon Erdogan. ''Kobane n'est pas encore tombée'', a insisté le Président, refutant ''les propos divergents des ministres des Affaires étrangères de certains pays''.
''Par ailleurs, je ne comprend pas pourquoi cette ville est si stratégique pour certains étant donné qu'elle n'abrite plus de civils. Nous avons accueilli 200 000 réfugiés de Kobané. À présent, il n'y a plus que 2 000 personnes dans cette ville. Les Etats-Unis avaient d'abord refusé puis partiellement accepté le passage des Pashmargas dans cette ville. Nous avons dit que nous les aiderons.", a-t-il poursuivi.
Interrogé sur le contenu de sa conversation téléphonique avec Obama et la possibilité d'une négociation éventuelle de ''oui aux peshmergas - non aux armes'', Erdogan a évoqué le parachutage des munitions aux milices kurdes par les forces américaines, soulignant : ''Il s'est avéré que (le parachutage des munitions au PYD) était une mauvaise décision''. ''L'EIIL s'est accaparé une partie des colis largués par le C-130 américains. La vidéo montrant la saisie est diffusée sur leur site web depuis quelques jours. Cela montre qui reçoit le soutien lors de ces affrontements.'', a-t-il conclu.