Kurbani Geyik
05 Octobre 2015•Mise à jour: 06 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc de l’Intérieur, Selami Altinok, invité de la table des éditorialistes de l’Agence Anadolu (AA), a déclaré, lundi, que depuis le 22 juillet 2 483 actes terroristes ont été recensés en Turquie.
«Depuis l’assassinat crapuleux de deux de nos policiers pendant leur sommeil, le 22 juillet dernier à Ceylanpinar, nos opérations contre les terroristes ont donné de très bons résultats, a-t-il dit. Notre pays lutte depuis 30 ans contre le terrorisme. En même temps que la lutte armée, nous avons développé d’autres politiques pour trouver une solution. Mais le PKK a saboté le processus de résolution en multipliant les attaques. Nos forces de sécurité ont une très grande expérience dans la lutte contre le terrorisme. 2 483 actes terroristes ont été recensés depuis cette date. En réponse, nous avons mené 4 328 opérations, pendant lesquelles nous avons éliminé plus de 2000 terroristes. Nos services travaillent en étroite collaboration, et cela donne ses fruits.»
Le ministre a annoncé que des opérations sont en cours à Silvan, Nusaybin, Kars, Sirnak et Hakkari.
Il a expliqué : «Nos troupes sont extrêmement motivées, elles font leur travail avec détermination. Cependant, nous veillons scrupuleusement à ce que le cadre légal ne soit jamais franchi. Les images provenant de Sirnak, concernant le traitement du corps d’un terroriste, ne peuvent être tolérées. Nous n’autoriserons pas que certains cherchent à jeter une ombre sur notre lutte dans un cadre légal. Certains cherchent à briser le moral de nos troupes ou à affaiblir notre combat en utilisant cette affaire. Nos équipes de renseignement et nos autres services travaillent sur cette question. Deux inspecteurs sont sur les lieux. Si les images sont réelles, nous ferons le nécessaire dans le cadre de l’Etat de droit. Nous en saurons plus, bientôt.»
Le ministre Altinok a précisé par ailleurs, que des efforts sont tout particulièrement réalisés pour détruire les armes du PKK, précisant que de nos jours, il n’est pas difficile de s’approvisionner en armes et munitions, surtout depuis l’étranger, et que la fabrication de bombes artisanales est relativement simple.
«Notre région est très difficile, a-t-il expliqué. L’Irak est en conflit interne depuis plusieurs années, la Syrie l'est aussi voilà cinq ans, le Printemps arabe et tous les autres évènements au Moyen-Orient ont permis au PKK et à d'autres organisations terroristes de trouver des armes. Mais notre Etat viendra à bout de tout cela. Nous faisons beaucoup d’efforts pour empêcher que des armes traversent nos frontières.»
Altinok a tenu à préciser que l’Etat et le gouvernement ne fonctionnent plus comme dans les années 90.
«Nous ne retournerons pas dans les années 90, a-t-il dit. Notre technologie et nos moyens militaires sont bien plus performants. Ceux qui agissent de la même manière que dans ces années là sont les terroristes.»
Le ministre de l’Intérieur a expliqué que les zones de sécurité temporaires ont pour seul objectif de garantir la sécurité des citoyens et de leurs biens.
«A ce jour, nous avons décrété 231 zones de sécurité dans 22 provinces, a-t-il déclaré. Ce nombre varie régulièrement. Nous séparons les terroristes de nos citoyens, et nous les combattons. Nous mettons tout en œuvre pour que nos citoyens ne soient pas lésés dans ces zones.»
Selami Altinok a également indiqué que certains cimetières, qualifiés de «cimetières pour leurs martyrs» par le PKK, sont utilisés pour menacer les citoyens.
«Nous ne tomberons pas dans le piège de cette propagande, a-t-il affirmé. Nous ne touchons absolument pas aux tombes, nous détruisons les constructions autour des cimetières. Celles-ci n'ont pas été construites par les seuls terroristes, il y a là, l'aide des pouvoirs locaux, nous le savons. Les terroristes ont construit des immeubles triplex dans lesquels ils affichent leurs drapeaux et leur propagande pour menacer nos citoyens. Nous avons trouvé dans un de ces immeubles 35 kalachnikov. Nous allons détruire ces constructions, sans toucher aux tombes.»
Quant à la sécurité du scrutin du 1er novembre, Altinok a indiqué que 385 000 éléments du personnel des forces de l’ordre, police et gendarmerie, sont préparés pour garantir la tenue des élections législatives dans les meilleures conditions de sécurité.
Au sujet de l’agression du journaliste Ahmet Hakan Coskun, le ministre a expliqué que depuis 2007, l’Etat lui fournit une protection rapprochée, mais celui-ci, avait demandé un an après, que la protection ne s'exerce qu’à sa demande.
Le ministre a également précisé que près de 1 500 policiers sont chargés de la protection des journalistes.