AA - Ankara - Nur Gülsoy
"Si seulement le Parti démocratique des peuples (HDP) [ de l'opposition] pouvait se sauver de la tutelle de l'organisation terroriste PKK, alors nous pourrions parler du renforcement de la démocratie", a déclaré, jeudi, le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, sur la chaîne Beyaz TV.
Akdogan a commenté le contexte politique du pays à l'aube des élections législatives du dimanche 7 juin.
Selon lui, certains groupes ont fait un "plan de chaos": "Le climat a changé cette dernière semaine. Nous voyons une structure sous la tutelle de [l'organisation terroriste] PKK. Ils me critiquent pour avoir dit 'ce serait très bien que le HDP ne dépasse pas le seuil électoral'."
"Si seulement le HDP pouvait être un parti de la Turquie, et se sauver de cette tutelle. Alors nous aurions pu dire que son renforcement équivaut au renforcement de la démocratie " a estimé le vice-Premier ministre turc.
"Nous faisons face en outre à une organisation parallèle", a poursuivi Yalcin Akdogan, "elle mène une propagande contre son propre pays depuis longtemps, depuis la période qui a commencé avec le 17 décembre 2013. Une propagande qui va jusqu'à dire que 'la Turquie est un pays qui aide les terroristes', qui touche les camions des Services secrets (MIT), qui rend public les réunions du ministère des Affaires étrangères sur la sécurité. C'est donc de l'espionnage."
"Ces allégations cherchent à nuire au processus électoral, visant également le gouvernement du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti)" a soutenu Akdogan.
Soulignant qu'il y a un bloc qui essaie de renverser l'AK Parti et cherche à "retourner à l'ancienne Turquie", Akdogan a déclaré : "il y a de plus un élément qui se laisse instrumentaliser par cette mentalité. C'est ce que nous critiquons. Sinon, peu importe que le HDP dépasse ou non le seuil électoral. AK Parti n'y perdra rien. Mais ce bloc insiste sur l'idée que 'si AK Parti obtient moins de sièges, il ne pourra pas arriver au pouvoir'."
Affirmant que "l'organisation terroriste exerce de la violence contre le peuple kurde qu'elle oppresse également, dans le sud-est de la Turquie", Akdogan a aussi noté que le co-président du HDP, Selahattin Demirtas avait "appelé les gens à descendre dans la rue en octobre 2014, ces manifestations ayant fait 45 victimes".
Demirtas avait remporté plus de 9% des voix à l'élection présidentielle du 10 août 2014. "Peut-il garantir que s'il dépasse le seuil électoral de 10% aux législatives, il ne fera pas pareil?", s'est interrogé Akdogan.
"Y a-t-il une garantie qu'il ne proclamera pas une autonomie [dans le sud-est de la Turquie]?", a lancé Akdogan.