Murat Temizer
29 Décembre 2015•Mise à jour: 29 Décembre 2015
AA - Ankara
Selon les experts en énergie, le gaz naturel produit dans le Nord de l’Irak pourrait être acheminé vers la Turquie dans les trois années à venir.
Le président du Club Energie de Bogazici (Istanbul), Mehmet Ogutcu, a déclaré, mardi, au correspondant de l’Agence Anadolu, que si les investissements nécessaires sont réalisés, le gaz naturel irakien pourrait arriver en Turquie dans trois ans.
«L’Irak n’a pas encore pris la décision de produire le gaz se trouvant dans son sous sol, cette décision sera prise probablement à la fin de 2016, a-t-il expliqué. La Turquie a signé un accord pour l’achat de ce gaz à un très bon prix, mais pour que cela puisse se réaliser, il faudra investir entre 4 et 5 milliards de dollars.»
Ogutcu a indiqué que les infrastructures nécessaires n’existent pas actuellement, qu’il faut d’abord extraire le gaz, puis le nettoyer de la présence de sulfure et ensuite créer un gazoduc long de 350 km pour rejoindre le réseau gazier turc.
L’expert a ajouté que les désaccords entre le gouvernement autonome du Nord de l’Irak et le gouvernement central de Bagdad au sujet du pétrole pourraient également survenir concernant le gaz.
«Mais la constitution irakienne ne comprend pas d'articles sur le gaz, ainsi donc, le gouvernement central n’a pas de moyens légaux pour empêcher le commerce du gaz du Nord vers la Turquie», a-t-il estimé.
«Le gouvernement du Nord de l’Irak pourra travailler avec la Turquie et transférer ses sources naturelles vers des marchés à haute valeur», a-t-il poursuivi.
Selon lui, une coopération Turquie-Nord de l’Irak sera gagnante pour les deux parties, compte tenu de la demande en gaz et de la volonté de la Turquie de se défaire du monopole de la Russie sur le gaz naturel.
De la même manière, pour Gareth Jenkins, expert au sein de l’Institut Asie Centrale et Caucase, la Turquie, dont les relations avec le Nord de l’Irak sont très bonnes, a besoin de développer cette coopération dans le domaine du gaz pour enrichir et diversifier ses importations en énergie.
«Le seul problème pour l’instant c’est l’argent, comment les investissements nécessaires vont pouvoir être réalisés», a-t-il dit.
Par ailleurs, l’appel d’offres pour le projet de construction d’un gazoduc à Sirnak (Sud-est de la Turquie) qui reliera les réseaux gaziers du Nord de l’Irak à celui de la Turquie, aura lieu le 9 février 2016.