AA - Ankara - Nur Gülsoy
L'Administration israélienne prend de très mauvaises mesures, selon le président de la République turque, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef d'Etat turc a exprimé cette position au cours d'une interview accordée, mercredi, aux chaînes de télévision TRT 1 et TRT Haber.
"J'espère que ce problème sera rapidement résolu, sinon les choses n'avanceront pas dans le bon sens", a déclaré Erdogan.
"Je pense que l'administration israélienne pend de très mauvaises démarches. Elle nuira gravement au Moyen-Orient en provoquant le ressentiment de la Palestine et du Monde islamique. Le vandalisme dans la Mosquée al-Aqsa a atteint des niveaux inexplicables. Nous aborderons le sujet durant le sommet du G20 [en Turquie]. Nous saisirons également les Nations Unies (ONU)", a-t-il détaillé.
Evoquant la question syrienne, le président de la République a rappelé que plus de 300 000 personnes ont péri en Syrie jusqu'à présent, relevant que "La Turquie a opté pour une politique de porte ouverte face à la situation" qui prévaut.
Erdogan a précisé que la Turquie a accueilli plus de deux millions de demandeurs d'asile, mais n'a pas pu faire entendre sa voix à l'Occident.
Les dirigeants font l'éloge des camps de réfugiés en Turquie, mais tout cela "n'est pas fait gratuitement", a dit Erdogan.
"Nous y avons investi près de 6,5 milliards de dollars. Ils n'ont jamais demandé comment ils pourraient contribuer. Nous n'avons reçu que 417 millions de dollars", a-t-il lancé.
Il faut noter, a fait observer Erdogan, que parmi les réfugiés figurent des personnes dotées d'une haute qualification professionnelle, et d'autres qui ne le sont pas. Nous devons vraiment mener une politique différente."
S'agissant du Processus de résolution, Erdogan a indiqué que ce processus est actuellement gelé.
Il s'est interrogé, dans ce cadre :"Pourquoi ne pas le relancer dès que les conditions seront favorables et réunies? Rien ne l'empêcherait, mais le parti politique au Parlement qui se base à l'organisation terroriste [PKK], a saboté ce processus."
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, en décrétant un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde.