AA - Ankara - Hamza Gedikoğlu
"Nous sommes ouverts et prêts à toute sorte de coopération pour lutter contre le terrorisme. Mais surtout sachez aussi que la Turquie ne se laissera pas manipuler pour aboutir à des solutions provisoires", a déclaré, mercredi, le Président de Turquie Recep Tayyip Erdogan, à propos de la lutte contre les groupes terroristes dans la région.
S'exprimant lors de l'ouverture de la nouvelle année législative au Parlement turc, Erdogan a affirmé lque a Turquie ne veut pas intervenir dans les affaires intérieures de ses voisins ou des autres pays de la région et n'a pas d'aspirations sur leurs territoires."
Sur l'organisation parallèle en Turquie, le chef de l'Etat turc a lancé "La nouvelle Turquie n'autorisera pas les structures autonomes, les gangs, les organisations mafieuses de se développer au sein de l'Etat. Elle ne fermera pas les yeux sur un gang qui se renforce au sein du système judiciaire".
Le gouvernement avait accusé, de manière indirecte, l’organisation de "Fethullah Gülen" d’être l’instigatrice de l’opération du 17 décembre et de la deuxième vague des manifestations survenue le 25 du même mois dans une tentative de destabiliser le Parti pour la Justice et le Développement (AKP) à travers ses "réseaux ancrés" de manière méthodique dans les arcanes de l’adminstration de l'Etat, tout particulièrement, au sein des institutions de la justice et de la sécurité. Le Président et le gouvernement accusent Gulen d’avoir fomenté une "organisation parallèle" à l’Etat turc.
D'autre part le président turc a souhaité que "le processus de résolution dont il est l'artisan, se poursuive avec patience, persévérance et courage."
"Le processus de résolution" en Turquie a commencé au début de l'année dernière avec un cessez-le feu entre le gouvernement turc et le PKK, parti inscrit sur la liste des organisations terroristes.
Le gouvernement s'est engagé à effectuer des réformes démocratiques pour l'intégration de minorités, en particulier la population kurde.
Concernant l'environnement politique, Erdogan a lancé "La politique doit être aussi audacieuse que le peuple et doit rejeter toute pression et forme de tutelle. Le Parlement est l'institution par laquelle on recherche la solution à tous les problèmes du pays et du peuple. L'outil, dans ce mécanisme institutionnel, c'est la politique. Chercher des solutions, en dehors du parlement et de la politique, c'est éprouver de l’irrespect à l'encontre de la volonté nationale."
"Un esprit politique soutenant les réseaux qui commettent des crimes avec les armes dans la main, se renie lui-même. Un esprit politique qui lance des pierres sur les forces de sécurité du pays dégrade son image", a-t-il ajouté.
La député de Van du Parti pour la Paix et Démocratie (BDP), Aysel Tugluk, avait lancé, la semaine dernière, une pierre contre les forces de sécurité turque au district de Suruc dans la province de Sanliurfa lors d'une manifestation.
Erdogan a mis en relief les vertus de la démocratie en déclarant "Toute voie autre que les urnes est illégitime pour diriger la Grande Assemblée Nationale de Turquie et les gouvernements de la République. La voie des urnes est ouverte à tous ceux qui souhaitent élire et être élus."