AA - Istanbul - Nur Gülsoy
La Turquie assume sa responsabilité et extrade les combattants étrangers, a déclaré le président turc, Recep Tayyip Erdogan.
Le chef de l'Etat s'est exprimé à l'aéroport Ataturk d'Istanbul, avant son départ pour Kiev, vendredi.
"Notre ministre des Affaires étrangères précise que 12 520 personnes ont été interdites d'entrer en Turquie, et 1170 personnes ont été arrêtées puis extradées, a affirmé Erdogan. Cela signifie que la Turquie assume sa responsabilité, et poursuivra ainsi."
"Nous les extradons et c'est de notre devoir de les arrêter et de les extrader aussitôt que nous sommes renseignés, a assuré le président. Si on ne nous informe pas, personne ne peut alors nous demander de justifier nos actes. Car dès que nous sommes informés, nous les [combattants étrangers] arrêtons et extradons."
- L'attaque contre le musée du Bardo en Tunisie
Le président turc a aussi commenté l'attaque perpétrée mercredi contre le musée du Bardo, ayant fait 23 morts dont 20 touristes étrangers et un policier tunisien ainsi que 47 blessés.
"Les informations que nous avons reçues démontrent que Daesh revendique l'attaque, a-t-il dit. (...) C'est un meurtre, un grand massacre. Tout en exprimant mes condoléances[aux Tunisiens], nous condamnons également l'attaque. Notre pays ayant secoué par le terrorisme, nous connaissons très bien cette douleur."
- La Commission d'observation dans le cadre du processus de résolution
Abordant le processus de résolution et les récentes affirmations sur le sujet, Erdogan s'est déclaré non favorable à la mise en place d'une commission chargée d'observer les entretiens qui seront réalisés avec Abdullah Ocalan, dirigeant du PKK incarcéré dans l'île Imrali (Marmara).
"Je le lis dans les journaux, a affirmé le président. Je ne suis pas au courant. Que ce soit clair: je ne soutiens pas cette idée. Pendant que j'étais Premier ministre, on m'avait demandé 'la possibilité de mettre en place d'une telle équipe parmi le Comité des Sages', j'avais dit alors aussi que je n'étais pas en faveur d'une telle décision. Je pense que c'est incorrect. Il ne faut pas faire un travail pour satisfaire un tel ou un tel. Si c'est le gouvernement qui gère, il doit poursuivre son travail et assumer sa responsabilité lui-même."
Le processus de résolution a été lancé au début de l'année 2013, par un cessez-le-feu conclu entre le gouvernement turc et le mouvement PKK, classé "organisation terroriste". Le gouvernement a promis des réformes démocratiques pour renforcer les droits de la population kurde.