Sarp Özer
05 Septembre 2021•Mise à jour: 05 Septembre 2021
AA / Ankara
Le ministère turc de la Défense nationale a condamné dimanche la violation par la Grèce de son espace aérien, ses eaux territoriales ainsi que du statut des îles démilitarisées de la mer Égée.
Au cours de l'année 2021, à ce stade, la Grèce a commis 206 violations de l'espace aérien turc, 27 violations des eaux territoriales, 95 harcèlements de véhicules aériens, ainsi que 790 violations par des navires sur des îles à statut démilitarisé, a rapporté la Majore Pinar Kara, porte-parole du ministère de la Défense nationale turque.
Outre l'armement par la Grèce d'îles proches de la Turquie, en violation de traités bilatéraux et multilatéraux établis de longue date, la Turquie condamne également les revendications maximalistes d'Athènes de territoire maritime, notamment en Méditerranée orientale, Ankara dénonçant les efforts grecs visant à confiner les eaux turques à une petite zone au sud du pays, alors même que la Turquie dispose du plus long littoral en méditerranée orientale.
En référence à la question chypriote, la Diplomatie turque a déclaré que les efforts visant à décrire la présence de la Turquie dans le nord de Chypre comme une "occupation" ne suffiront pas à dissimuler les faits historiques, notamment les atrocités commises contre les Chypriotes turcs.
Chypre est enlisée dans un conflit qui dure depuis des décennies entre les Chypriotes grecs et turcs, malgré les efforts diplomatiques déployés par l'ONU pour parvenir à un règlement global.
Les violences ethniques qui ont éclaté au début des années 1960 ont contraint les Chypriotes turcs à se retirer dans des enclaves pour leur sécurité.
La Turquie est intervenue militairement en 1974, à la suite d'un coup d'État mené par les Grecs en vue de l'annexion de Chypre appelée « Enosis » en grec. L'intervention turque avait pour but de protéger les Chypriotes turcs contre les persécutions et les violences, en tant que puissance garante de la stabilité de l'île, selon les traités internationaux. La République Turque de Chypre du Nord (RTCN) a ainsi vu le jour en 1983.
L'île a connu une série de processus de discussions et négociations entre les deux États ces dernières années, notamment une initiative n'ayant pas abouti, en 2017 en Suisse, sous les auspices des pays garants que sont la Turquie, la Grèce et le Royaume-Uni.
L'administration chypriote grecque a adhéré à l'Union européenne (UE) en 2004, l'année même où les Chypriotes grecs ont contrecarré par référendum le plan Annan de l'ONU visant à mettre fin à cet ancien conflit.
Une conférence informelle sur Chypre, sous l'égide des Nations unies, s'est tenue à Genève en avril dernier afin de trouver un terrain d'entente pour négocier une solution durable à ce conflit vieux de plusieurs décennies.
Dans sa déclaration, dimanche, la porte-parole du ministère de la Défense a également détaillé les efforts déployés par la Turquie dans la lutte contre le terrorisme.
Quelque 22 opérations antiterroristes ont été menées à l'intérieur du pays ou au-delà des frontières en août, a-t-elle précisé, ajoutant que le nombre de terroristes "neutralisés" depuis le début de 2021 a atteint 1 865, dont 244 dans le nord de l'Irak.
Le groupe armé terroriste PKK/YPG utilise fréquemment des bases dans le nord de l'Irak, à quelques kilomètres de la frontière sud de la Turquie, pour se cacher et préparer des attaques terroristes sur le territoire turc.
La Turquie a lancé les opérations Griffe-Éclair et Griffe-Tonnerre le 23 avril dernier, dans les régions de Metina et d'Avasin-Basyan, dans le nord de l'Irak.
Au cours de sa campagne terroriste de plus de trois décennies contre la Turquie, le PKK - répertorié en tant que groupe armé terroriste par la Turquie, les États-Unis et l'UE - est responsable de la mort d'au moins 40 000 personnes sur le seul territoire, dont des milliers de femmes, enfants et nourrissons.
* Traduit de l'anglais par Ümit Dönmez